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Première rétrospective Alice Neel au Centre Pompidou

Publié le , par Harry Kampianne

«En politique et dans la vie, j’ai toujours aimé les perdants, les outsiders», déclarait l’Américaine Alice Neel (1900-1984), citée en préambule de l’exposition que lui consacre le Centre Pompidou. Une démarche engagée dont l’artiste ne s’est jamais départie tout au long de sa carrière. C’est à partir de ce fil conducteur...

Alice Neel, Rita and Hubert, 1954, huile sur toile, 86,4 x 101,6 cm, Defares Collection.... Première rétrospective Alice Neel au Centre Pompidou
Alice Neel, Rita and Hubert, 1954, huile sur toile, 86,4 101,6 cm, Defares Collection.
© The Estate of Alice Neel and David Zwirner Photo Malcolm Varon

«En politique et dans la vie, j’ai toujours aimé les perdants, les outsiders», déclarait l’Américaine Alice Neel (1900-1984), citée en préambule de l’exposition que lui consacre le Centre Pompidou. Une démarche engagée dont l’artiste ne s’est jamais départie tout au long de sa carrière. C’est à partir de ce fil conducteur que la commissaire Angela Lampe a organisé un parcours scindé en deux thématiques distinctes : la lutte des classes et celle des sexes. «Alice Neel, c’est une vie d’engagements contre les injustices et les inégalités, contre la ségrégation raciale et la discrimination contre les homosexuels et les femmes.» L’exposition s’ouvre sur ses premières œuvres de la fin des années 1920, peintes pour beaucoup à Cuba, au style proche de l’art naïf et mettant en lumière son combat politique et social – tels Bronx Bacchus (1929) ou Nazis Murder Jews (1936). Ce sont toutefois ses portraits frontaux, sans concession, de désœuvrés, de marginaux, de couples métissés, de rebelles, ou ses nus féminins – comme celui de Margaret Evans Pregnant (1978) –, à l’opposé du canon façonné par le regard de l’homme, qui expriment le mieux sa force graphique et picturale : la gestuelle souple et aérienne des mains de ses modèles est formidablement chorégraphiée par la puissance des couleurs et du trait. Bon nombre des soixante-quinze peintures et dessins sont accompagnés de propos et de citations de l’artiste. Selon Angela Lampe, «l’acte de peindre s’est métamorphosé chez elle en une recherche de la vérité, donc en un acte politique». Une force assumée dans son portrait sous l’objectif de Robert Mapplethorpe et rappelée dans une toile de Jenny Holzer réalisée à partir d’une enquête du FBI sur le dossier Alice Neel, interrogée en raison de ses sympathies avec le Parti communiste.

«Alice Neel, un regard engagé»,
Centre Pompidou, place Georges-Pompidou, Paris 
IVe, tél. : 01 44 78 12 33.
Jusqu’au 16 janvier 2023.
www.centrepompidou.fr
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