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Préemptions de deux institutions françaises

Le 20 décembre 2018, par Anne Doridou-Heim

Ils avaient été mis en avant dans la Gazette no 43 du 7 décembre (pages 68 et 75). Après préemptions, ces deux lots vont rejoindre les collections d’institutions françaises. Emportée à 10 464 €, la suite de dix assiettes en porcelaine de la manufacture parisienne Dagoty, à décor de vues égytiennes d’après les planches gravées…

Préemptions de deux institutions françaises
Art gallo-romain, IIe-IIIe siècle. Groupe dit du «cavalier à l’anguipède», grès gris-beige, 177 x 128 x 54 cm.
Adjugé : 76 560 €

Ils avaient été mis en avant dans la Gazette no 43 du 7 décembre (pages 68 et 75). Après préemptions, ces deux lots vont rejoindre les collections d’institutions françaises. Emportée à 10 464 €, la suite de dix assiettes en porcelaine de la manufacture parisienne Dagoty, à décor de vues égytiennes d’après les planches gravées du fameux Voyage dans la Basse et la Haute Égypte de Dominique Vivant Denon (1747-1825), est en route pour le château-musée de Malmaison… Tandis que le groupe dit «du cavalier à l’anguipède» représentant probablement Taranis , sculpté dans le grès gris-beige au IIe-IIIe siècle, galope vers le musée Bargoin de Clermont-Ferrand. L’établissement auvergnat a déboursé 76 560 € pour emporter un morceau de choix qui va tout naturellement trouver sa place dans son vaste département dédié à l’archéologie locale, grandement enrichi ces dernières années grâce à une politique d’achat ambitieuse. De fait, et ainsi que l’article accompagnant la photographie le relatait, cette sculpture a été exhumée en mai 1849 près du hameau de La Jonchère, sur la route de Billom à Saint-Dier. Elle a donné son nom à un petit ensemble de statues retrouvées dans le Puy-de-Dôme, autour de Gergovie, la capitale des Arvernes. Les fouilles dans les sites environnats se sont révélées particulièrement précieuses, et ont livré des découvertes exceptionnelles. Nous avons tous appris dans nos manuels scolaires l’histoire de cette tribu d’irréductibles Gaulois auxquels Jules César lui-même vouait un grand respect. Tout cela est cependant un peu loin, et une petite piqûre de rappel n’est pas inutile… D’autant que, comme pour les autres peuples de la Gaule antique, les Arvernes n’ont pas laissé de traces écrites. Dès le milieu du IIe siècle av. J.-C., leur puissance est grande : ils ont étendu leur hégémonie à ceux du Centre et du Sud et tissé un vaste réseau d’alliance avec les peuplades voisines. Leur opulence est à son comble les rois battent monnaie d’or sur le modèle grec du statère. Un certain Vercingétorix (82-46 av. J.-C.) sortira de leurs rangs et osera défier César il sera près de réussir. Ce dernier sera malgré tout clément avec les Arvernes dont une partie lui est demeurée fidèle , et le peuple sera intégré à l’Empire romain, non sans conserver une part de puissance et de richesse  ce dont les nombreuses productions artistiques retrouvées attestent. Voici donc deux lots qui, en raison de leur histoire, rejoignent deux lieux qui leur étaient prédestinés.

icônes, archéologie, art islamique, art d'Asie, céramiques
vendredi 14 décembre 2018 - 13:00 (CET) - Live
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Thierry de Maigret
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