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Portraits et secrets de femmes romaines. Impératrices, « matrones » et affranchies à Nîmes

Publié le , par Annick Colonna-Césari

Quel était le statut des Romaines durant les deux premiers siècles de l’Empire ? L’exposition répond à la question en trois chapitres et trente-cinq pièces de toute beauté, provenant de la Galerie des Offices de Florence. Mais pour ne pas perdre le fil de ce parcours plutôt labyrinthique, dans lequel se mêlent bustes et...

Portrait d’une inconnue, tête : 128-130 apr. J.-C., buste : drapé moderne, marbre... Portraits et secrets de femmes romaines. Impératrices, « matrones » et affranchies à Nîmes
Portrait d’une inconnue, tête : 128-130 apr. J.-C., buste : drapé moderne, marbre de Luni.
@ Galerie des Offices

Quel était le statut des Romaines durant les deux premiers siècles de l’Empire ? L’exposition répond à la question en trois chapitres et trente-cinq pièces de toute beauté, provenant de la Galerie des Offices de Florence. Mais pour ne pas perdre le fil de ce parcours plutôt labyrinthique, dans lequel se mêlent bustes et autels, il faut lire attentivement les panneaux explicatifs et les traductions des inscriptions funéraires, riches d’informations. On y découvre en tout cas des bribes d’existences. La femme idéale, thème de la première section, est incarnée par la « matrone », épouse et mère dévouée, reconnue dans toutes les couches sociales. Comme l’illustre notamment une sculpture d’Antonia la Jeune : nièce d’Auguste, belle-sœur de Tibère, elle ne s’est jamais remariée, et son comportement lui valut le titre d’« Augusta ». Le deuxième chapitre évoque les femmes qui, à l’inverse, ont transgressé les règles, rebelles ou trop ambitieuses, au péril de leur vie : à l’instar d’Agrippine la Jeune, sœur, femme et mère d’empereur. Son frère Caligula l’exila pour adultère, puis elle fut rappelée à la cour par son oncle Claude, dont elle devint l’épouse, lui faisant même adopter son fils Néron qui, une fois sur le trône, l’accusa d’empoisonnement et ordonna son assassinat… La violence, par écrit cette fois, s’exprime jusque sur la stèle funéraire d’une fillette. À l’arrière, est gravée une malédiction lancée par son père à l’encontre de la mère, qui l’avait quitté. Néanmoins, ainsi que le révèle la troisième section, quelques princesses et impératrices, érigées alors en modèles tant pour leur conduite que pour leur style de coiffure ou d’habillement, ont bénéficié d’une visibilité publique. On trouvait donc leurs sculptures dans les forums ou les temples, aux côtés de celles de leurs conjoints. Mais comme le précise l’exposition : « Ces honneurs ont d’abord servi aux besoins dynastiques des empereurs pour assurer et légitimer leur descendance. »

Musée de la Romanité,
16, boulevard des Arènes, Nîmes (30), tél. 
: 04 48 21 02 10.
Jusqu’au 8 mars 2022.
www.museedelaromanite.fr
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