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Portrait intime de Degas

Publié le , par Vanessa Schmitz-Grucker

Si Edgar Degas nous a habitués aux coulisses de l’Opéra, le peintre impressionniste se lance, à travers ce portrait de danseuse, dans une quête de la couleur et de l’intime. 

Edgar Degas (1834-1917), Femme assise, robe jaune, vers 1892-1895, pastel sur papier,... Portrait intime de Degas
Edgar Degas (1834-1917), Femme assise, robe jaune, vers 1892-1895, pastel sur papier, 71 59 cm.
Estimation : 2/3 M€

Ce n’est pas l’une de ces ballerines anonymes qui s’affairent derrière le rideau, dans l’effervescence bouillonnante d’un spectacle en pleine représentation, sous le regard à peine remarqué d’un œil indiscret. C’est une proche de Degas, Joséphine Chabot, qui a été identifiée dans cette Femme assise, robe jaune. Une série de portraits de la danseuse, amie de l’artiste dans les années 1880-1890, d’une troublante similitude, y compris dans le geste, a permis de mettre un nom sur ce visage, surpris dans une pose relâchée. Un autre pastel aujourd’hui conservé en mains privées aux États-Unis, très similaire, nous est parvenu. Il a probablement été esquissé dans les années 1892-1895, décennie où le peintre s’éloigne toujours plus de la ligne pour se concentrer sur la couleur. Femme assise, robe jaune est un excellent exemple de cette nouvelle palette lumineuse et audacieuse. Joséphine se dessine dans un dégradé de jaune sur un fond de hachures étonnamment abstrait. L’attitude est informelle, reprenant les codes d’un instantané photographique. Edgar Degas, fasciné par la fougue de la jeune femme, à en croire ses correspondances au sujet de la danseuse ou avec cette dernière, capture sa pétillance et son exubérance. Joséphine, âgée d’une vingtaine d’années, se laisse approcher dans une robe de soirée décolletée. Tout est mis en œuvre pour que transparaisse la complicité du maître et de son modèle, et nous faire plonger dans l’intimité d’un moment volé. L’œuvre a été acquise par Charles Saglio lors de la deuxième salve de ventes de l’atelier de l’artiste, organisée du 6 au 8 mai 1918 à la galerie Georges Petit, à Paris. Elle est restée tardivement dans sa descendance jusqu’à être vue, en 2010, chez Sotheby’s, à Londres. Le pastel a été reproduit dans le catalogue de l’exposition consacrée à Degas à la Fondation Beyeler, en 2012-2013 à Bâle, où il trônait en bonne place.

mercredi 20 juillet 2022 - 15:00 (CEST) - Live
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