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Pluie de récompenses pour Henry Moret

Le 13 décembre 2018, par Philippe Dufour

Cette vacation brestoise, consacrée essentiellement à la peinture de la fin du XIXe siècle, rendait un brillant hommage à l’œuvre d’Henry Moret. De la jeunesse à la maturité, ce ne sont pas moins de six toiles et un petit dessin  tous vendus  qui dessinaient un parcours artistique accompli, allant du réalisme à la technique…

Pluie de récompenses pour Henry Moret
Henry Moret (1856-1913), Ferme sous la neige, huile sur toile, 1891, 54 x 65 cm.
Adjugé : 148 840 €

Cette vacation brestoise, consacrée essentiellement à la peinture de la fin du XIXe siècle, rendait un brillant hommage à l’œuvre d’Henry Moret. De la jeunesse à la maturité, ce ne sont pas moins de six toiles et un petit dessin  tous vendus  qui dessinaient un parcours artistique accompli, allant du réalisme à la technique impressionniste, en passant bien sûr par l’aventure de Pont-Aven, sous influence de Paul Gauguin.
 

Avec 179 340 €, la très attendue Rivière de Merrien, Finistère 1910 (60 x 73 cm) d’Henry Moret, devait prendre une première place bien méritée en rais
Avec 179 340 €, la très attendue Rivière de Merrien, Finistère 1910 (60 x 73 cm) d’Henry Moret, devait prendre une première place bien méritée en raison d’une palette particulièrement riche. Le fait qu’elle ait appartenu à la collection privée de Paul Durand-Ruel, le marchand de l’artiste, n’est sans doute pas non plus étrangère à ce beau score. L’œuvre a été montrée, et effectué des voyages, comme le prouve une étiquette ancienne d’exposition
de la galerie Commeter, à Hambourg.


Le plus haut prix de 179 340 €, allait à un vibrant paysage de la fin de sa vie, car daté de 1910, la Rivière de Merrien, Finistère, une véritable symphonie de touches colorées résonnant à l’apogée de son art (voir Gazette n° 42, page 260). Juste après venaient les 148 840 € attribués à une Ferme sous la neige, datée de 1891, qui figura à la deuxième exposition du marchand Le Barc de Bouteille, en 1892 à Paris, et qui a été conservée jusqu’à aujourd’hui dans une collection bretonne. Comme l’a écrit André Cariou, historien de l’art, ce tableau, peint à Pont-Aven même, est proche par sa composition de la toile, Les Faubourgs de Lorient, de la même année, et prend place dans la meilleure période de l’œuvre du peintre. Dans la même veine, une délicate vue Ouessant, ciel rose, une toile datée 1895, pouvait aussi prétendre à 109 800 €, alors qu’un Paysage à la chaumière bretonne, non daté, partait à 80 520 €.
 

La toile Venise, voile jaune à l’entrée du Grand Canal (65 x 81 cm), brossée par Ferdinand Loyen du Puigaudeau (1864-1930),rappelle que l’artiste bret
La toile Venise, voile jaune à l’entrée du Grand Canal (65 x 81 cm), brossée par Ferdinand Loyen du Puigaudeau (1864-1930),
rappelle que l’artiste breton, malgré les leçons de Gauguin en 1886, a toujours préféré au synthétisme une technique plus impressionniste, bâtie à l’aide de touches divisées. Délaissant
les effets crépusculaires ou nocturnes qui lui sont chers, il restitue ici l’atmosphère dorée du Grand Canal, sur lequel évoluent des bateaux à voiles, devant l’église de San Giorgio Maggiore. Une harmonie récompensée de
91 500 €.


Avec le deuxième lauréat de cette vente, on quittait un bref instant la Bretagne pour l’Italie : l’incontournable Ferdinand Loyen du Puigaudeau avait choisi cette fois de représenter Venise, voile jaune à l’entrée du Grand Canal, à l’aide d’une technique aux limites du divisionnisme, qui enthousiasmait un collectionneur prêt à débourser 91 500 €.
 

Jan Verkade (1868-1946) interrompt en 1889 ses études à l’Académie des beaux-arts d’Amsterdam, et s’installe à Hattem, un village près de Zwolle. Cet
Jan Verkade (1868-1946) interrompt en 1889 ses études à l’Académie des beaux-arts d’Amsterdam, et s’installe à Hattem, un village près de Zwolle. Cet esprit indépendant fait le pèlerinage de Pont-Aven en 1891, après un passage prolongé par Paris. Résultat de ses recherches très poussées, Les Toits rouges près de la mare (45 x 56 cm), se révélait un merveilleux pastel sur papier daté 1891. Passé par la collection Angelo Sommaruga puis par l’étude de Thierry-Lannon le 26 mars 2005, il était adjugé cette fois-ci à hauteur de 59 170 €.


Quant à son Feu d’artifice devant le manège, qui avait été exposé au musée de Pont-Aven et au musée des Jacobins, à Morlaix, en 1998-1999, il décrochait 54 900 €. De Roderic O’ Conor, dont le travail original «tente une sorte de synthèse entre l’art de Van Gogh et celui de Gauguin» (selon André Cariou), on avait des Korrigans sous la lune, dansant devant nos yeux pour 70 760 €. 
 

écoles bretonnes, tableaux modernes
samedi 08 décembre 2018 - 14:30 (CET)
Hôtel des ventes, 26, rue du Château - 29200 Brest
Thierry - Lannon & Associés
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