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Piranèse, un triomphe enlevé

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Une encre du Vénitien à la double provenance historique affolait les enchères et recevait un record du monde.

Piranèse, un triomphe enlevé
Giovanni Battista Piranesi, dit Piranèse (1720-1778), Intérieur d’un palais avec un arc triomphal, plume, encre brune et lavis de brun, 15,3 21,5 cm.
Adjugé : 384 400 

Voilà un sacré prix et même un record mondial ! À 384 400 €, il s’inscrit d’une tête devant le précédent, enregistré à 358 000 € le 24 janvier 2001 chez Christie’s New York (source : Artnet) pour une feuille assez semblable, L’Entrée d’un palais avec un escalier monumental près d’une fontaine (20,5 26,7 cm). Voilà qui dénote une certaine constance pour les belles feuilles de Giovanni Battista Piranesi, dit Piranèse (1720-1778). Si l’on ignore la date d’exécution de cet Intérieur d’un palais avec un arc triomphal, on sait en revanche qu’il a appartenu dans un premier temps à Charles-Louis Clérisseau (1721-1820), grâce à une annotation figurant au revers à la plume, signée «Giov. Piranesi», avant que celui-ci ne le donne à Rome en 1765 à Pierre Simon Benjamin Duvivier (1730-1819). Deux provenances qui apportaient leur petit supplément d’âme, l’un et l’autre étant des dessinateurs français, le second étant en outre graveur et médailleur. On retrouve dans ce dessin tous les codes architecturaux ayant fait le succès de Piranèse : l’escalier, l’arc de triomphe à l’antique, l’impression de monumentalité des constructions lorsque l’humain paraît minuscule, le tout servi par la fantaisie, l’imagination au pouvoir. Son trait précis s’accompagne d’une amplification systématique des proportions, ce qui donne cette allure particulière et immédiatement reconnaissable et qui, depuis près de deux siècles, signe le succès des œuvres de ce grand artiste. Si la vente affichait un air plutôt classique, outre ce dessin, quelques numéros venaient y jouer leur petite musique et lui permettaient de se conclure sur le produit de 759 500 €. L’après-midi avait commencé avec un violon de Gand & Bernardel, exécuté à Paris en 1882 et qui offrait un solo à 28 520 €. Ensuite, une huile sur panneau de l’Anversois Frans II Francken, dit le Jeune (1581-1642), délivrait à 24 800 € une version des Sept œuvres de miséricorde  (43 68 cm). Quant à un petit cabinet ottoman (99 51 36 cm) de la première moitié du XIXe siècle, marqueté d’un décor floral de nacre, c’est à 28 520 € également qu’il était emporté.

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