Pierre Guariche, un goût d’inachevé

Le 12 novembre 2020, par Sylvain Alliod
Delphine Jacob, Lionel Blaisse et Aurélien Jeauneau, Pierre Guariche. Luminaires, mobilier, architecture d’intérieur, éd. Norma, 336 pages, bilingue français-anglais, 65 €.

Pierre Guariche appartient à cette génération de créateurs longtemps restés dans l’ombre des figures tutélaires de la modernité, remis à leur juste place en 2010 dans l’exposition « Mobi Boom » du musée des Arts décoratifs. Les éditions Norma lui consacrent un livre élégant, mais de poids : plus de 300 pages très richement illustrées. L’iconographie, pour partie inédite, est incontestablement un des points forts de l’ouvrage, permettant une véritable immersion dans les trois décennies qui courent des années 1950 à l’orée des années 1980. De Guariche, les habitués des galeries spécialisées connaissent le mobilier et les luminaires, ces derniers représentant sans doute l’apport le plus remarquable de leur auteur aux arts décoratifs de la période. Moins connue, son activité d’architecte d’intérieur, qui a représenté l’essentiel de son temps, occupe une bonne moitié du livre. Elle est la plus riche en découvertes, cette partie étant la mieux structurée et la plus agréable à lire. On avait par exemple oublié le luxe dans lequel la jeune Ve République installait ses édiles, les aménagements de la préfecture et du Conseil général de l’Essonne étant dignes de n’importe quel potentat d’une quelconque république bananière. Ou encore ignoré que dans son importante contribution à l’aménagement de la station de sports d’hiver de La Plagne, on devait à Guariche le dessin d’un audacieux pylône du télé-métro, comme de ses cabines en aluminium. Là où le livre pèche, c’est dans les parties consacrées au mobilier et aux luminaires. En hésitant entre catalogue raisonné et beau livre, l’ouvrage y perd le lecteur. Les textes fourmillent d’informations, de descriptions et de références, mais l’absence de renvois aux illustrations oblige à des recherches frénétiques dans les pages alentour. De même, le classement du mobilier en fonction des éditeurs brouille la vision et la compréhension que l’on pourrait avoir de l’œuvre, par ailleurs conduite par une véritable approche de designer, rigoureuse et économique.
 

Métiers d’art Joliment illustré, ce petit précis passe en revue les métiers d’art pratiqués au Mobilier national, de la tapisserie – de ha
Métiers d’art
Joliment illustré, ce petit précis passe en revue les métiers d’art pratiqués au Mobilier national, de la tapisserie – de haute et de basse-lice – à la dentelle, en passant par la restauration du métal ou l’atelier de recherche et de création. Marie-Hélène Bersani et Thierry Sarmant, Les métiers d’art du Mobilier national, coédition Gallimard/Mobilier national, 76 pages, 100 illustr., 14,50 €.
 
Mobilier domestique Autre bible indispensable aux curieux ou passionnés, ce volume de la collection des « vocabulaires », enfin réédité. C
Mobilier domestique
Autre bible indispensable aux curieux ou passionnés, ce volume de la collection des « vocabulaires », enfin réédité. Ce répertoire typologique, conçu par Nicole de Reyniès, recense les appellations, les fonctions et les formes du mobilier français, du Moyen Âge au XX
e siècle. Meubles de repos ou de rangement, à transformation ou d’agrément : une véritable encyclopédie, claire et exhaustive. Mobilier domestique I : vocabulaire typologique, éd.  du Patrimoine, 684 pages, 1 600 illustr., 60 €.
L’essence du bois Voici une véritable mine pour tous les amateurs d’ébénisterie : un manuel d’identification des bois du mobilier français
L’essence du bois
Voici une véritable mine pour tous les amateurs d’ébénisterie : un manuel d’identification des bois du mobilier français du XVI
e au XXe siècle, établi par trois experts avec le Laboratoire de recherche des monuments historiques, à partir de meubles des collections publiques. Outre les essences étudiées (européennes, exotiques, les résineux, les palmiers), un essai sur le commerce international du bois et de précieuses annexes complètent l’ouvrage, enrichi des photographies de Dominique Bouchardon. Indispensable. Patrick George, Emmanuel Maurin et Marie-Christine Trouy-Jacquemet, L’Essence du bois, éd. du Patrimoine, 280 pages, 500 illustr., prix de lancement 59 € (80 € à partir du 1er février).
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