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Pierre Bonnard à Vernonnet

Publié le , par Anne Foster
Vente le 23 novembre 2016 - 14:00 (CET) - Salle 10 - Hôtel Drouot - 75009

«Peindre l’Arcadie», titrait l’exposition du musée d’Orsay consacrée au peintre en 2015. Vernonnet, près de Vernon, dans l’Eure, lui inspira en effet des sujets paradisiaques.

Pierre Bonnard (1867-1947), Vernon, l’été, 1930, huile sur toile d’origine, 56,5 x 66 cm.... Pierre Bonnard à Vernonnet
Pierre Bonnard (1867-1947), Vernon, l’été, 1930, huile sur toile d’origine, 56,5 x 66 cm.
Estimation : 200 000/300 000 €

La maison est modeste, la vue sur la Seine, sublime. Perchée sur un coteau au-dessus du fleuve et de l’île des Fourneaux du nom de l’auberge sise sur la rive , la demeure, acquise en 1912 et appelée «Ma Roulotte», surplombe un jardin sauvage et les frondaisons des arbres des berges. L’hiver apparaît entre les branches dénudées, la surface miroitante de la Seine et du bras mort dit Saint-Jean , animée parfois de remorqueurs tirant des chalands. L’été, seules quelques nappes d’eau sont entraperçues entre les dômes feuillagés. Pour un amoureux de la couleur comme Bonnard, cette mosaïque chatoyante est un plaisir toujours renouvelé. Et un véritable défi ! Ce paysage normand devient ici un paradis, une «Arcadie», brillant au soleil de l’été. Des aplats vibrants de verts, mêlés à des bleus, du lavande à l’outremer, sont rehaussés des jaunes de l’herbe brûlée par la chaleur… l’eau même devient blanc de plomb. Entre 1912 et 1938, date à laquelle il s’en séparera, la villa à la façade ceinte d’un long balcon, avec son escalier descendant sur la terrasse, sera reconnaissable dans nombre de ses peintures. Lorsqu’il y séjourne, il parcourt tous les matins les chemins des coteaux et accompagne souvent Marthe en barque, pour peindre sur l’île qui longe la berge. Les œuvres des débuts avaient pour thèmes des activités citadines, des scènes d’intérieur, poursuivies tout au long de sa vie. Dans les premières décennies du XXe siècle, Bonnard cherche son style, s’oriente vers des compositions dont nombre sont inspirées de la photographie : en plongée, faisant jouer les contrejours, la dissolution des formes dans la lumière… À chaque villégiature, il loue une maison avec un jardin luxuriant et une vue qui appelle à la rêverie, la méditation, la réflexion sur l’organisation de l’espace, l’ordonnancement de la palette. La composition s’élargit alors. Cette petite demeure sur pilotis donnant sur un jardin sauvage et un horizon à perte de vue, un «atelier entre terre et ciel», lui offre l’occasion d’affirmer sa manière. Il peut rendre visite à son voisin Claude Monet, à Giverny, admirer son parc composé comme une «œuvre d’art», discuter peinture et, surtout, couleur. Car Bonnard ne cesse de douter de lui-même, de ses recherches picturales, d’abandonner des voies embrassées avec enthousiasme qui, cependant, se révèleront des impasses. Son œuvre en témoigne. En 1942, il formulait ainsi son credo pictural : «Le tableau est une suite de taches qui se lient entre elles et finissent par former l’objet». C’est si simple…

mercredi 23 novembre 2016 - 14:00 (CET) - Live
Salle 10 - Hôtel Drouot - 75009
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