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Picasso, l’effervescence des formes

Publié le , par Henri Guette

Si une bouteille dans un tableau lui donne toujours un air de nature morte, une bouteille de vin indique un style de vie. Dans la continuité de son exposition « Bistrot ! » en 2017 à la même Cité du vin, Stéphane Guégan entend approfondir les liens de Picasso à cette boisson au-delà de la vie des cafés pourtant bien représentés...

Picasso, l’effervescence des formes
Pablo Picasso (1881-1973), Café-concert du Paralelo, vers 1900, 36 48 cm.
© RMN-Grand Palais (musée national Picasso-Paris)/Mathieu Rabeau © Succession Picasso 2022

Si une bouteille dans un tableau lui donne toujours un air de nature morte, une bouteille de vin indique un style de vie. Dans la continuité de son exposition « Bistrot ! » en 2017 à la même Cité du vin, Stéphane Guégan entend approfondir les liens de Picasso à cette boisson au-delà de la vie des cafés pourtant bien représentés dans les périodes bleu et rose. Le vin, note ainsi le commissaire d’exposition, a une valeur générique dans l’œuvre du maître espagnol, peu importe sa provenance ou son cépage. Sang du Christ ou prétexte à bacchanales, il permet à l’artiste de jouer sur les registres du profane et du sacré tout au long de sa vie et même alors qu’il fait vœu, la trentaine approchant, de sobriété. L’exposition propose un parcours qui mêle ainsi approches chronologique et thématique, plutôt convaincant quand il s’agit de retracer l’atmosphère de bohème des débuts parisiens, ou les échanges avec les poètes comme Éluard ou Apollinaire qui ont célébré l’ivresse, un peu moins évident quand il s’agit d’évoquer les dernières décennies, entre les années Vallauris et celles du retour à l’enfance. Dans une scénographie dynamique et rythmée par la couleur, « l’effervescence des formes » évoque aussi bien les sculptures et expérimentations cubistes que la céramique et le jeu avec des traditions artisanales. Sous l’approche de la culture du vin, le propos de ce parcours, ponctué par des photos de l’artiste au travail, est finalement de révéler un processus créatif qui est aussi un processus réactif. L’impulsivité de Picasso, qui serait capable de dessiner sur une nappe le dîner terminé, fait partie de la légende, mais il restait à l’aborder de front. Le prêt rare d’une scène de bacchanales appuie ce parti pris ; d’autant plus quand cette peinture, en 1973 –année de la mort de l’artiste –, a été reprise pour l’étiquette des bouteilles de Château Mouton Rothschild. Vanité ultime.

Cité du vin,
134, quai de Bacalan, Bordeaux (33), tél. 
: 05 56 16 20 20,
Jusqu’au 28 août 2022.
www.laciteduvin.com/fr
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