Petite famille ovine

Le 17 mai 2018, par Caroline Legrand

Ce n’est pas un, mais trois moutons de François-Xavier Lalanne qui seront présentés à Deauville prochainement. De quoi animer votre jardin et attiser les convoitises !

François-Xavier Lalanne (1927-2008), Bélier, brebis et agneau, pierre époxy et bronze ; bélier signé, daté 97 et numéroté 78/250, Landowski fondeur, 93 x 102 x 38 cm ; brebis datée 96 et numérotée 78/250, Blanchet fondeur, 90 x 104 x 38 cm ; agneau daté 97 et numéroté 30/500, Blanchet fondeur, 52 x 61 x 17,5 cm.
Estimation : 200 000/300 000 €

Un bélier, une brebis et leur agneau ; papa, maman et fiston. Voici l’image d’une heureuse famille ovine. Leur apparence nous est si familière, qu’ils semblent désormais faire partie de nos vies. Les Moutons de François-Xavier Lalanne sont devenus de véritables icônes de la décoration, des sculptures incontournables dans tout intérieur ou jardin à la mode ! Et les enchères records le prouvent depuis plusieurs années maintenant, notamment depuis la vente Yves Saint Laurent - Pierre Bergé de 2009 à Paris, qui consacrent ces doux animaux aux côtés de leurs compagnons, autruches, oies, mouflons, singes, ânes ou sauterelles. Le couturier, qui rencontra l’artiste dès les années 1950 pour la décoration de la boutique Dior de l’avenue Montaigne, a été l’un des tout premiers et des plus fidèles collectionneurs de l’œuvre du sculpteur.
Une œuvre fonctionnelle
Né à Agen en 1927, François-Xavier Lalanne n’a pas suivi un parcours classique. Après la guerre, il fréquente à Paris l’académie Julian. Si, dans un premier temps, il pratique la peinture, la sculpture s’impose à lui sous l’influence de sa première épouse, arrière-petite-nièce du sculpteur François Pompon, mais aussi de Brancusi, son voisin d’atelier à Montparnasse. Le thème animalier persistera naturellement dans ses créations avec sa seconde épouse, Claude, son inséparable acolyte qu’il a rencontrée en 1956. Le célèbre Ours blanc a sans aucun doute fortement impressionné son art. Au marbre de ce dernier, il préfère toutefois un matériau plus moderne, l’époxy. Mais la même rondeur demeure, simplification des formes mise au service d’une recherche de l’essentiel. Pour la première fois, en 1965, un mouton en ciment au corps recouvert de laine, la tête et les pattes noires réalisées en bronze, s’installe dans le salon de l’appartement de l’impasse Robiquet, dans le sixième arrondissement de Paris. Pour Polyphème  c’est son nom — est présenté l’année suivante au Salon de la jeune peinture. Le succès est au rendez-vous, et le galeriste Alexandre Iolas, promoteur des surréalistes, décide de s’occuper de l’œuvre de François-Xavier Lalanne. Œuvre fonctionnelle tout comme les autres membres de son fantastique bestiaire, tel le rhino-secrétaire ou l’hippopotame-baignoire, il peut servir de banc ou de fauteuil. Il est surtout devenu un objet de décoration humoristique. En troupeau, il engage à une folle partie de saute-mouton ; il évoque aussi symboliquement Ulysse et ses compagnons s’évadant sous le nez de Polyphème, dissimulés sous le ventre des moutons du cyclope aveuglé. L’artiste lui-même appréciait particulièrement cette allégorie, constatant que ses transhumants lui avaient ouvert la porte du monde de l’art. Tout d’abord habillés d’une véritable peau, en 1979, les moutons se parent uniquement d’époxy et de bronze pour pouvoir paître dehors et supporter toutes les intempéries. En 1990, Lalanne leur adjoint un bélier, puis des agneaux afin de compléter la famille. Nos modèles font partie de ces «nouveaux moutons» qui poursuivent ce travail au plus proche de la nature, visant à désacraliser la sculpture et à la faire entrer dans la sphère de notre quotidien. Une mission largement accomplie.

dimanche 27 mai 2018 - 14:30 - Live
Deauville - Le Galaxy, route des CréActeurs, BP 60089 - 14800
Tradart-Deauville
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