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Petit Palais : Vincenzo Gemito, le sculpteur de l’âme napolitaine

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Abandonné à la naissance, jeté dans les rues de Naples à vivre de petits métiers… difficile de croire que les fées de l’art se soient penchées sur le berceau de Vincenzo Gemito (1852-1929). Et pourtant, elles lui ont fait un cadeau inestimable, un don inné pour le dessin et le modelage que quelques années passées aux Beaux-Arts...

Petit Palais : Vincenzo Gemito, le sculpteur de l’âme napolitaine
Vincenzo Gemito (1852-1929), Le Harponneur [Il Fiociniere], 1872, terre cuite, 34 26 24 cm. Palazzo Zevallos-Stigliano Banca Intesa Napoli, Naples.
© Archivio dell’arte, Pedicini photogra


Abandonné à la naissance, jeté dans les rues de Naples à vivre de petits métiers… difficile de croire que les fées de l’art se soient penchées sur le berceau de Vincenzo Gemito (1852-1929). Et pourtant, elles lui ont fait un cadeau inestimable, un don inné pour le dessin et le modelage que quelques années passées aux Beaux-Arts aideront à s’épanouir. Le parcours de cette toute première rétrospective française déroule sa ligne de vie : une véritable découverte, car si l’artiste est célébré en Italie, en Grande-Bretagne et outre-Atlantique, dans l’hexagone, il est resté plus que confidentiel, après avoir pourtant fait sensation au Salon en 1877. Aux invisibles, petit peuple de la mer et des montagnes, pour lesquels il a une vraie tendresse, il a donné une force qui fait de lui l’un des sculpteurs italiens les plus importants de sa génération, l’introducteur du réalisme ouvrant la voie à Medardo Rosso. Il n’a que 17 ans lorsqu’il sort son grand Joueur de cartes, un plâtre spectaculaire qui aimante les regards, un an de plus lorsqu’il réalise ses plus belles têtes de scugnizzo, ces « garnements » napolitains, et 21 à peine, pour sa série de bustes de personnalités, Fortuny, Morelli, Dubois et surtout Verdi. Le contraste est saisissant entre la vivacité et le naturel des gamins et le sérieux et la pose parfois hiératique des célébrités qui lui apportent une gloire immédiate. Alors, bien sûr, les sculptures des dernières années déçoivent. Rattrapé par la folie, il décline à l’envi les sujets de ses débuts, mais avec un maniérisme qui les dessert. Et pourtant, il livre en parallèle d’émouvants dessins d’une grande liberté, dans lesquels on retrouve les élans primordiaux.

Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris,
avenue Winston-Churchill, Paris VIIIe, tél. : 01 53 43 40 00.
Jusqu’au 26 janvier 2020. 
www.petitpalais.paris.fr
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