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Paul Signac : pilotage néo-impressionniste

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 18 novembre 2022 - 17:30 (CET) - Salle 9 - Hôtel Drouot - 75009

Parfaitement documentée et dotée d’une riche palette chromatique, cette peinture de Paul Signac a pris la mer par un vent de 1 884 800 €.

Paul Signac (1863-1935), Le Pilote de la Meuse, 1924, huile sur toile, 50 x 65 cm.Adjugé :...  Paul Signac : pilotage néo-impressionniste
Paul Signac (1863-1935), Le Pilote de la Meuse, 1924, huile sur toile, 50 65 cm.
Adjugé : 1 884 800 

Déjà, en couverture de la Gazette n° 37 (voir l'article Edmond Sussfeld, un collectionneur séduit par la touche Signac), cette toile de 1924 hissait haut la palette de son auteur, Paul Signac. Vue de près, elle est encore plus forte, jouant avec maîtrise de cette touche pointilliste singulière que seuls quelques grands maîtres possédaient pour faire rayonner les couleurs. Et de fait, elle irradie littéralement ! Le texte accompagnant la couverture (page 6) en racontait le cheminement depuis 1924, date de son acquisition par Edmond Sussfeld, un homme aussi avisé pour ses affaires que pour ses choix artistiques. Cette parfaite traçabilité sur près de cent ans – le tableau était vendu accompagné de lettres et documents autographes – et son caractère inédit étaient des atouts indéniables qui, accompagnés des qualités picturales du Pilote de la Meuse, l’ont conduit à 1 884 800 €. Peintre de la Marine, toujours coiffé d’une casquette ad hoc, Signac arpentait les ports, fluviaux comme maritimes, pour y observer la vie des tartanes, morutiers, cargos rouillés et goélettes, et son œuvre regorge de voiles filant au vent. Cette peinture montre qu’il ne sillonnait pas uniquement la France et s’ouvrait aussi à l’Europe, en l’occurrence aux Pays-Bas des environs de Rotterdam – non loin de chez Van Dongen –, mais en homme fasciné par la lumière du Sud, parvient à donner à la sombre Meuse les couleurs d’un fleuve du soleil. Ces mots de John Leighton, dans la préface du catalogue de sa rétrospective parisienne de 2001 au Grand Palais, en sont une parfaite illustration : «Dans les meilleures de ses dernières œuvres, Signac a su allier l’héritage sensuel de ses premiers tableaux à la froide rationalité du néo-impressionnisme pour créer un art d’une richesse chromatique et d’une sensibilité extraordinaires.» Seuls trois tableaux étaient aux cimaises de la vacation, tous provenant du même collectionneur et ayant été conservés par ses héritiers. Aux côtés du Signac, Une route en Artois (44 57 cm) empruntée au pastel en 1905 par Léon Augustin Lhermitte (1844-1925) cheminait à 11 160 €. Bien qu’averti de l’effervescence artistique d'alors, Lhermitte choisit de demeurer à la marge et, comme ses amis Jules Breton et Jules Bastien-Lepage, poursuivra sa vocation de peintre de la vie rurale et de ses traditions. Quant aux Pêcheurs sur le pont de Saint-Mammès (voir l'article Lhermitte, Montézin et Signac chez Sussfeld de la Gazette n° 40, page 55) de Pierre Eugène Montezin (1874-1946), ils gagnaient l’autre rive à 15 500 €. Cette toile évoquant la thématique heureuse d’un après-midi d’été ensoleillé, traitée avec une palette claire et une touche libre, se situe dans le droit fil de l’impressionnisme.
 

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