Paul Sérusier au paradis perdu

Le 25 mars 2021, par Philippe Dufour

L’une des visions mystiques du maître nabi était dévoilée, suivie d’un bronze orientaliste de Chiparus et d’un archet de violon fait à Mirecourt.

Paul Sérusier (1863-1927), Ève et le serpent, 1905, huile sur panneau, signée en bas à gauche, 120 60 cm.
Adjugé : 97 000 

Paul Sérusier a choisi le moment précis, et fatidique, où la première femme, nue dans le jardin d’Éden, va pécher en se laissant tenter par le serpent et croquer la pomme… Analysée dans la Gazette n° 9 (voir l'article Paul Sérusier, le chrétien page 111), la toile de 1905 décrit parfaitement la très légère hésitation d’Ève avant de commettre l’irréparable, prenant à témoin le spectateur. Provenant d’une collection régionale, et auparavant de la galerie Druet, la composition empreinte de gravité est bien répertoriée, puisque reproduite dans l’ouvrage de Marcel Guicheteau consacré à l’artiste (Side, Paris, 1976, n° 190). L’œuvre (120 60 cm) a ici presque doublé son estimation haute, en inscrivant 97 000 €. Plus abordable, s’avérait être sa sœur plus habillée, et condamnée aux travaux domestiques, représentée par Demeter Chiparus, auteur d’une Porteuse d’eau orientale. Il s’agit naturellement d’une sculpture chryséléphantine, signée, et juchée sur un socle d’onyx (h. totale 53 cm), qui a été adjugée 8 660 €. Enfin, un peu de musique avec le lot suivant : un archet de violon monté or et ébène, à baguette octogonale ; c’est le fruit d’un travail français de Charles Nicolas Bazin à Mirecourt, la ville des luthiers, et il porte la marque «P Hel à Lille» ainsi qu’une dédicace «P Hel à son professeur Auguste Verbeke». Pesant 57 g avec sa garniture d’origine, l’accessoire a trouvé preneur à 9 760 €.

vendredi 12 mars 2021 - 14:15 - Live
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Enchères Côte d'Opale
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