Paris Photo, grands classiques et découvertes

Le 23 janvier 2019, par Sophie Bernard

Avec ses 196 exposants, dont 44 nouveaux, la création du nouveau secteur Curiosa et d’un parcours dédié aux femmes, le salon parisien, incontestable leader mondial des foires photo, n’oublie pas de se renouveler.

James Barnor, Une assistante de la boutique Sick-Hagemeyer, 1971, 75 x 75 cm, tirage C-print moderne, 2/5.
© JAMES ARNOR/GALERIE CLéMENTINE DE LA FÉRONNIÈRE

Vingt-deux ans après sa première édition au Carrousel du Louvre, Paris Photo est une manifestation attendue des collectionneurs, mais aussi un rendez-vous prisé du grand public. Son succès ne se dément pas puisque l’année dernière, cette foire dédiée aux photographies anciennes, modernes et contemporaines a accueilli plus de 64 500 visiteurs, soit 4,1 % de plus qu’en 2016 qui était déjà une année record. L’édition 2018, qui prend une nouvelle fois ses quartiers sous la nef du Grand Palais, réunira 196 exposants venus de 30 pays, dont 31 éditeurs, pour le secteur principal. Sous la houlette, pour la quatrième fois, de Florence Bourgeois et de Christoph Wiesner, respectivement directrice et directeur artistique, le salon se poursuit dans la continuité tout en enrichissant et en diversifiant sa programmation.
Solo shows et collection privée
Le renouvellement vient tout d’abord de la présence de quarante-quatre nouveaux exposants par rapport à 2017, dont vingt-cinq premières participations «et notamment celle de 127, de Marrakech, première galerie marocaine à venir à Paris Photo», souligne Florence Bourgeois. Citons également Cécile Fakhoury (Abidjan), Cipa (Pékin), Enrico Astuni (Bologne). Pour les nouvelles venues, l’enjeu est de taille, comme l’explique Clémentine de la Féronnière (Paris) : «De toute les foires internationales, Paris Photo est celle qu’aucun collectionneur ni aucune institution ne rate. Cela fait plusieurs années que nous mûrissons cette première présentation. C’est l’occasion de faire découvrir quelques pièces exceptionnelles, comme un tirage d’époque de James Barnor, de la période des swinging sixties, représentant Mohammed Ali». Autre signe de bonne santé : la présence de vingt-huit solo shows, dont Richard Mosse (Caerlier Gebauer, Berlin), David Goldblatt (Goodman, Johannesbourg/Le Cap) et William Wegman (Huxley-Parlour, Londres), et de onze duo shows, dont Aya Jun Abe et Asako Narahashi (The Third Gallery Aya, Osaka). Outre les nombreuses expositions proposées par les partenaires de l’événement, le dévoilement d’une collection privée fait désormais partie des rendez-vous attendus. Après Helga de Alvear, place à celle de la famille McEvoy, qui se caractérise par des univers et des écritures photographiques variés réunissant aussi bien William Eggleston, Hervé Guibert, Sigmar Polke que Cindy Sherman et Laurie Simmons.
Curiosa, un nouveau secteur
Après la création de Prismes il y a quatre ans, mettant à l’honneur séries, grands formats et installations  quatorze projets cette année , puis en 2017 la naissance d’un secteur dédié aux films et vidéos en partenariat avec MK2, Paris Photo inaugure un secteur intitulé «Curiosa». Cette fois, il ne s’agit pas de mettre en exergue la diversité des supports de la photographie mais d’axer sur un thème fort. Les directeurs ont invité la commissaire Martha Kiszenbaum qui prendra en 2019 la direction du pavillon français à la Biennale de Venise à proposer une sélection d’images traitant du rapport au corps et de l’érotisme. Au programme, les classiques Araki, Mapplethorpe et Moriyama, mais aussi de l’inattendu et des redécouvertes, notamment un focus sur l’avant-garde féministe des années 1970, une douzaine de travaux au total. Autre nouveauté cette année, un parcours dédié aux femmes photographes, air du temps oblige, à l’initiative du ministère de la Culture, confié à Fannie Escoulen, ancienne directrice adjointe du Bal et aujourd’hui indépendante. Ce parcours, intitulé «Elles x Paris Photo», connaît un prolongement hors les murs dans des institutions tels le Jeu de Paume ou la Fondation Cartier. Une façon de rappeler qu’en novembre Paris vit au rythme des événements photographiques, et que Paris Photo en est le vaisseau amiral.

3 QUESTIONS À…
Emilia Genuardi 
Cofondatrice d’Approche
, une foire qui se tient au molière, 40, rue de Richelieu, du 9 au 11 novembre 2019.

 
 
 © MARIE-SOPHIE LETURCQ


En quoi Approche se distingue-t-il des autres événements liés à Paris Photo  ?
Par sa taille, d’abord, car nous ne présentons que quatorze projets, et par son concept. La direction artistique est assurée par Elsa Janssen, ancienne responsable de la galerie des Galeries, et moi-même. Là où, habituellement, une foire cherche d’abord des exposants, nous commençons par sélectionner des artistes. Notre modèle économique est différent : le ticket d’entrée est le même pour tous les participants et plus accessible. Pour garantir la qualité d’accueil, la visite du public, gratuite, se fait sur invitation et réservation. 

Quelle est la ligne éditoriale ?
Nous souhaitons décloisonner, créer des liens entre photo et art contemporain, deux secteurs où artistes, collectionneurs et visiteurs se mélangent peu. Nos choix se portent sur des auteurs qui explorent le médium pour s’emparer de la «photosensibilité». Certains impriment sur bois, verre ou marbre, d’autres s’approprient des images vernaculaires ou travaillent en Polaroid… La gamme de prix est raisonnable, entre 800 et 20 000 €. 

Quels sont vos objectifs, cette année ?
L’an dernier, trois galeries ont vendu l’intégralité de leurs œuvres, et plus de 90 ventes ont été réalisées sur place et dans les mois qui ont suivi. Des institutions comme Foam d’Amsterdam ou la Biennale de l’image possible de Liège ont exposé par la suite des artistes découverts à Approche… Cette année, nous espérons faire encore mieux et continuer à surprendre !
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