facebook
Gazette Drouot logo print

Pan Yuliang, une liberté artistique

Le 07 mars 2019, par Caroline Legrand

On connaît Lin Fengmian, Liu Haisu ou encore Xu Beihong, mais avez-vous déjà entendu parler de Pan Yuliang ? Si ce n’est pas le cas, voici l’occasion de combler une lacune regrettable. Cette peintre appartient à la génération d’artistes chinois venus en France dans les années 1920-1930, qui donnèrent un nouvel élan à la…

Pan Yuliang, une liberté artistique
Pan Yuliang (1895-1977), Trois femmes, 1950, encre de Chine sur soie. montée sur manteau de papier et de soie, 37 26,5 cm.
Estimation : 8 000/12 000 

On connaît Lin Fengmian, Liu Haisu ou encore Xu Beihong, mais avez-vous déjà entendu parler de Pan Yuliang ? Si ce n’est pas le cas, voici l’occasion de combler une lacune regrettable. Cette peintre appartient à la génération d’artistes chinois venus en France dans les années 1920-1930, qui donnèrent un nouvel élan à la peinture de leur pays, grâce à leur confrontation avec la modernité occidentale dans les meilleures écoles hexagonales. Mais, au-delà de son talent, Pan Yuliang est également emblématique de l’évolution de la condition féminine en Chine, à travers son émouvante histoire personnelle. Née en 1895 à Yangzhou, Zhang Yuliang son nom de naissance est orpheline très jeune. À l’âge de 13 ans, elle est vendue à une maison de prostitution de Wuhu, dans la province d’Anhui, dans laquelle elle passe cinq années. À 18 ans, elle est achetée par un important fonctionnaire du nom de Pan Zhanhua. Désormais libre, elle deviendra sa deuxième épouse et prendra son nom. Elle peut dès lors laisser libre cours à sa créativité et prend, en 1917, des cours de peinture auprès d’un voisin, Hong Ye, à Shanghaï. Son talent étant évident, elle est repérée par Liu Haisu, le directeur de l’école de peinture de cette ville, et intègre l’établissement à peine un an plus tard. Elle y a pour professeur Wang Jiyuan et y apprend des techniques occidentales dont le dessin d’après modèle vivant, notamment nu qui ne se pratiquait pas auparavant en Chine. Avant-gardiste et femme totalement libérée, elle sera la première artiste féminine diplômée de son école, en 1921. Elle se perfectionne dans le nu féminin, malgré l’hostilité que cela peut susciter, allant étudier dans les bains ou se peignant elle-même. Ce thème demeurera central durant toute sa carrière. Comme ses confrères, elle cède aux sirènes de l’Occident et se rend à Lyon en 1921, pour suivre des cours aux beaux-arts, puis à Paris, en 1923, et en Italie deux ans plus tard, grâce à l’obtention du prix de Rome. Invitée à revenir en Chine par Liu Haisu, Pan Yuliang entame, en 1928, une carrière de professeur dans son ancienne école de Shanghaï, avant de devenir directrice du département de peinture occidentale. Mais elle retournera à Paris en 1937 et y vivra jusqu’à sa mort, pratiquant la peinture ainsi que la sculpture et le dessin, notamment la traditionnelle encre de Chine qu’elle adapte aux nouvelles techniques picturales. Elle exposera dans les Salons parisiens, mais aussi en Grande-Bretagne et au Japon. Certaines de ses œuvres sont aujourd’hui conservées par le musée Cernuschi et le musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

design, tableaux modernes, sculptures
samedi 16 mars 2019 - 14:30 (CET) - Live
Hôtel des ventes, 70, rue Vendôme - 69006 Lyon
De Baecque et Associés