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Numismatique antique versus créateurs du XXe siècle

Publié le , par Philippe Dufour
Vente le 31 octobre 2021 - 14:00 (CET) - 28, rue Pierre-Mendès-France - 27400 Louviers

« Intemporel » : bien nommée, la vente unissait aux profils parfaits de monnaies antiques les formes parfois insolites de figures contemporaines.

Chersonèse, Panticapée (350-325 av. J.-C.). Statère d’or, 9,12 g. Adjugé : 93 98... Numismatique antique versus créateurs du XXe siècle
Chersonèse, Panticapée (350-325 av. J.-C.). Statère d’or, 9,12 g.
Adjugé : 93 980 

On débutait par les lots les plus vénérables composant une collection numismatique privée, aux 34 pièces en or ou électrum, toutes adjugées pour un total de 560 000 €. En tête, et sans surprise, la plus belle d’entre elles : le fameux statère d’or de Panticapée, très recherché par les collectionneurs en raison de son style élaboré (poids 9,12 g). Datant de 350-325 av. J.-C., il provient de cette cité grecque, située en Chersonèse, et présente une tête barbue de Pan à gauche, couronnée de lierre ; au revers s’anime un griffon debout, à gauche, sur un épi de blé et tenant un javelot dans sa gueule (Lockett 1010, Mac Donald 54). Il était ferraillé jusqu’à 93 980 €, à partir d’une estimation haute de 20 000 €, ce qui en fait, selon l’expert Thierry Parsy, «un record pour cette monnaie de Panticapée en France». Un même enthousiasme saluait un distatère d’Alexandre III, dit «Le Grand» (336-323 av. J.-C.), roi de Macédoine, qui a nécessité 40 640 €. Provenant d’Amphipolis, la monnaie pèse 17,22 g et s’orne d’une tête d’Athéna, à droite, coiffée du casque corinthien à triple aigrette et ornée d’un serpent ; au revers, une Niké debout, à gauche, drapée, tenant une couronne de la main droite et la stylis de la main gauche (Price 171). Puis changement d’époque et d’ambiance, avec deux œuvres provenant de la collection Habart, en partie dispersée ici. La plus impressionnante s’avérait être la grande sculpture d’Eugène Dodeigne titrée L’Homme qui marche, de 1953 (voir Gazette n° 36, page 28), s’acheminant vers 50 800 €. En bois sculpté, le personnage (210 30 30 cm) a été vu à l’occasion de très nombreuses expositions depuis 1954, la dernière étant celle tenue au musée de La Piscine de Roubaix, en 2020-2021 (n° 13 du catalogue). Venait ensuite, issu de la même collection, le dessin tout en rondeurs du «Matisse chinois» : Sanyu (voir l'article Eugène Dodeigne, un sculpteur apôtre de la forme pure de la Gazette n° 37, page 109). Il représente une Femme nue à la barrette : cette encre sur papier Ingres (47 31 cm) a dépassé son estimation haute en attirant 40 600 €.

Eugène Dodeigne (1923-2015), L’Homme qui marche, 1953, bois sculpté, 210 x 30 x 30 cm. Adjugé : 50 800 €
Eugène Dodeigne (1923-2015), L’Homme qui marche, 1953, bois sculpté, 210 30 30 cm.
Adjugé : 50 800 
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