Gazette Drouot logo print

Nouveaux succès pour la peinture indochinoise

Publié le , par Anne Doridou-Heim

2 184 280 € pour la session dévolue aux peintres asiatiques 3 121 580 € pour la totalité de la vente (voir également page 123)  et deux meilleurs résultats mondiaux pour deux d’entre eux, rien de moins : la maison Aguttes renforce son positionnement sur ce marché des plus porteurs, et synonyme de records lors de chaque...

Nouveaux succès pour  la peinture indochinoise
Nguyen Nam Son (1890-1973), Tonkinoise à l’éventail, vers 1935-1936, encre et couleurs sur soie, 61,5 x 43 cm.
Adjugé : 565 040 €

2 184 280 € pour la session dévolue aux peintres asiatiques 3 121 580 € pour la totalité de la vente (voir également page 123)  et deux meilleurs résultats mondiaux pour deux d’entre eux, rien de moins : la maison Aguttes renforce son positionnement sur ce marché des plus porteurs, et synonyme de records lors de chaque dispersion. Cette fois, et comme le 26 mars dernier avec les 265 180 € précédent record mondial de Paysannes du Tonkin vers 1935 (voir Gazette n° page ) , c’est une œuvre du Vietnamien Nguyen Nam Son (1890-1973) qui agitait ses brins au plus haut, à 565 040 € précisément. L’œuvre, représentant une Tonkinoise à l’éventail à l’encre et couleurs sur soie (voir ci-contre), traduit toute la délicatesse de cette peinture née de la rencontre de la tradition asiatique et de la modernité occidentale. Elle date des années 1935-1936, une incontestable période d’épanouissement. L’éventail est le second sujet de la composition, aux côtés de la jeune femme, vêtue d’un áo dài d’un vert resplendissant. Il illustre ces vers de Stéphane Mallarmé pour un poème lui étant dédié : «Toujours tel il apparaisse/Entre tes mains sans paresse». L’École des beaux-arts d’Hanoï est créée depuis dix ans déjà : les leçons sont acquises, et les peintures expriment une véritable maturité. Nam Son est rare sur le marché (six références seulement sur Artnet), mais la cote de celui qui fut à l’origine de la fondation de l’école, aux côtés de son mentor et ami Victor Tardieu, n’en finit pas de grimper et de se repositionner sur Drouot. Les mêmes constatations s’appliquent à Tran Van Can (1910-1994). Le Retour du marché, peint vers 1935 également (détail reproduit page de droite) et exprimant avec élégance un moment de labeur, obtenait 297 080 €. En effet, ces trois Vietnamiennes représentées marchant avec leurs paniers semblent aériennes, malgré la fatigue et le poids supporté. Véritable lien, la femme, déjà au cœur de la peinture traditionnelle du Vietnam, y conserve toute sa place lors du passage à la modernité. Ces deux œuvres provenaient de l’ancienne collection de M. Fernand Mallet, chef de bataillon en poste à Hanoï de janvier 1936 à avril 1938. Petit bémol, la toile de Wang Yan Cheng (né en 1960) faisant la couverture de la Gazette no 36 ne rejoignait pas le ciel. 

 

Tran Van Can (1910-1994), Le Retour du marché, vers 1935, encre et couleurs sur soie, 47,5 x 35,5 cm (détail). Adjugé : 297 080 €
Tran Van Can (1910-1994), Le Retour du marché, vers 1935, encre et couleurs sur soie, 47,5 x 35,5 cm (détail).
Adjugé : 297 080 €
lundi 22 octobre 2018 - 14:30 (CEST) - Live
Salle 5 - Hôtel Drouot - 75009
Aguttes
Gazette Drouot
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne