Nicolas de Staël en maximes

Le 13 mai 2021, par Anne Doridou-Heim

Conçue pour illustrer la couverture d’un recueil de poèmes de Pierre Lecuire, cette gouache devenait l’objet le plus désiré de la succession de son épouse.

Nicolas de Staël (1914-1955), Composition, pinceau et gouache sur papier, vers 1954, 36 28,5 cm.
Adjugé : 350 000 

Homme de lettres et du papier, Pierre Lecuire (1922-2013) a au fil de sa longue et belle carrière de critique, éditeur et poète (voir l'article Pierre Lecuire, poète et ami des peintres page 47 de la Gazette n° 17 du 30 avril) rencontré la plupart des grands noms de l’art du XXe siècle. En sont demeurés des poèmes mis en forme et en couleur par ses amis et un bel ensemble d’œuvres graphiques et picturales, conservées dans leur grande majorité par sa veuve Mila Gagarine et ici proposées suite à sa succession. Évidemment, Nicolas de Staël (1914-1955), avec lequel une amitié va se nouer en 1945 et s’enrichir de longs échanges épistolaires, est présent. De leur dialogue, interrompu par la mort tragique du peintre, vont naître trois ouvrages, Voir Nicolas de Staël (1953), Ballets-Minute (1954) et Maximes (1955). La Composition, une gouache sur papier, a été produite vers 1954 pour illustrer la couverture du dernier recueil. Cet «objet» émouvant, tant il est vivant, a su toucher un amateur qui a bataillé pour l’emporter à 350 000 €, lui offrant ainsi un record mondial pour une œuvre sur papier du Franco-Russe (source : Artnet). Un bel hommage complété par les 32 500 € d’une autre Composition (32 24,5 cm) de l’artiste, toile plus sombre de 1943, et les 57 500 € d’une tapisserie (185 130 cm) en laine tissée en rouge et jaune et à trois exemplaires à Aubusson en 1952. Pierre Lecuire l’avait acquise cette année-là directement à Nicolas de Staël. Geneviève Asse (née en 1923) avait également les faveurs de celui qui restera dans les mémoires comme un grand «architecte du livre». Une huile sur toile Sans titre (132 196 cm) de la peintre et graveuse ayant grandi sur la presqu’île de Rhuys, ce qui a fortement marqué son art, était accrochée sur ses murs. Elle était enlevée à 77 500 €, alors que La Falaise (16 22 cm), une petite huile en multiples nuances de bleus, recevait 18 500 €. Il faut encore citer Serge Charchoune (1888-1975), dont la Nature morte (violon) (22 19 cm) de 1943 clôture à 21 500 € cette sélection avec ces mots inscrits à son dos : «En souvenir reconnaissant à Mila Gagarine».

jeudi 06 mai 2021 - 14:00 - Live
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