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Nguyên Gia Trí, un paysage en or

Publié le , par Sophie Reyssat
Vente le 22 décembre 2019 - 14:00 (CET) - Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud - 78000 Versailles

Acquis par un administrateur de plantations d’hévéas, ce luxuriant paravent évoque une certaine douceur de vivre dans l’Indochine française.

Nguyên Gia Trí (1908-1993), Scène de village, paravent à six feuilles en bois laqué... Nguyên Gia Trí, un paysage en or
Nguyên Gia Trí (1908-1993), Scène de village, paravent à six feuilles en bois laqué polychrome, non signé, dimensions totales par panneau : 99,8 32,7 à 32,9 cm, h. de la scène : 94,7 cm.
Estimation : 200 000/300 000 

Depuis quelques années, les paravents réalisés par Nguyên Gia Trí sont très recherchés par les amateurs. C’était déjà le cas à l’époque de leur création. Le point commun des œuvres récemment passées sur le marché, tout à la fois objet d’ameublement et tableau monumental, est en effet d’avoir été acquises avant-guerre par de hauts fonctionnaires de l’administration coloniale ou des entrepreneurs français installés en Indochine. À l’époque, ce paravent avait ainsi séduit Alexandre Berthier – descendant du général et comte d’Empire Louis-César Berthier –, installé dans le pays entre 1926 et 1946 pour y administrer une plantation d’hévéas. Il est resté dans sa famille jusqu’à aujourd’hui. L’introduction de l’arbre à caoutchouc en Asie du Sud-Est par la couronne britannique, à la fin du XIXe siècle, et l’envolée des cours de la gomme en 1909-1910, puis dans les années 1920, ont donné lieu à une véritable ruée vers cet or blanc. De taille modeste, les premières plantations, comme celles de Ben Cui ou d’An Lôc où a vécu Alexandre Berthier, ont fusionné en 1937 au sein de la Société indochinoise de plantations d’hévéas, pour laquelle il a travaillé. C’est sans doute de cette époque que date ce paravent. Il peut en effet être rapproché des œuvres produites par Nguyen Gia Tri entre 1937 et 1940, aussi bien par son style, sa thématique et sa technique, que pour son format à six panneaux. Cette période est considérée comme l’âge d’or du laqueur. De manière caractéristique, la composition est agencée en trois plans : le premier est réservé aux villageois, qui attirent le regard grâce à l’emploi de coquille d’œuf, le second déploie un luxuriant paysage animé par une chaude palette allant de l’ocre au brun, en passant par le rouge et le prune, alors que le troisième laisse apparaître de hautes montagnes barrant l’horizon en se découpant sur un fond de laque or.

dimanche 22 décembre 2019 - 14:00 (CET) - Live
Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud - 78000 Versailles
Osenat
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