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Monnaies d'or venues de Gaule

Résultat 90 000 EUR
Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 25 octobre 2022 - 14:30 (CEST) - Salle 11 - Hôtel Drouot - 75009

Les statères d’or des Parisii et d’autres monnaies antiques, provenant de diverses collections, avaient bu de la potion magique.

Parisii, région de Paris, Ier siècle av. J.-C. Statère d’or à décor de tête stylisée... Monnaies d'or venues de Gaule
Parisii, région de Paris, Ier siècle av. J.-C. Statère d’or à décor de tête stylisée à l’avers, d’un cheval désarticulé au revers, poids 7,29 g.
Adjugé : 90 000 

La spécialité de la numismatique, si elle est assez confidentielle, ne dispose pas moins de vrais passionnés prêts à débourser de jolies sommes pour posséder une pièce de la plus grande rareté. Cela se vérifiait une nouvelle fois avec cette dispersion, qui se tenait en gants blancs et totalisait 1 235 250 €. L’enchère la plus sonnante et trébuchante, 90 000 €, revenait à ce statère d’or des Parisii du Ier siècle avant notre ère, un exemplaire de classe V provenant du trésor de Puteaux (voir l'article Numismatique gauloise de la Gazette n° 37, page 45). Ce peuple gaulois installé dans l’actuelle région parisienne aurait eu pour capitale, selon César, Lutétia, mais le sous-sol de Paris intra-muros n’a encore révélé aucun mobilier venant le confirmer. Une explication serait peut-être enfin trouvée : à la faveur de fouilles liées à des travaux sur l’A86, les traces d’une importante cité proto-urbaine ont été découvertes à Nanterre. Les Gaulois ont emprunté les statères aux Grecs, et certains spécimens sont clairement inspirés de ceux des souverains de Macédoine. Des mercenaires en ayant rapporté de leurs expéditions, ils leur ont servi de modèles pendant des décennies, avant qu’ils trouvent leur propre originalité. L’une des collections, celle d’un esthète selon le catalogue, était constituée de trente monnaies d’or produites de Carthage à Babylone, en passant par Alexandrie, Rome, Constantinople et la Gaule… une sorte de guide touristique antique idéal. Les enchères fusaient dès le premier numéro, le cheval frappé sur son avers amenant un trihémistatère carthaginois (vers 264 av. J.-C.) à doubler les pronostics pour achever sa course à 40 000 €. Le profil lauré de Philippe II de Macédoine (359-336 av. J.-C.) séduisait à 15 104 € et celui de son fils Alexandre le Grand (323-281 av. J.-C.), diadémé et aux cheveux ondulés à l’avers d’un statère là aussi, remontait du royaume de Thrace pour retenir 22 500 €. Dernier statère de l’ensemble, un autre spécimen des Parisii du Ier siècle av. J.-C. venait boucler la boucle à 40 000 €. L’homme gravé sur sa face est également stylisé, marqué d’une croisette timbrée sur la joue droite.

 

 
mardi 25 octobre 2022 - 14:30 (CEST) - Live
Salle 11 - Hôtel Drouot - 75009
Beaussant Lefèvre & Associés
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