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Modernités portugaises à la maison Caillebotte

Publié le , par Harry Kampianne

En présentant des artistes de générations et de styles différents ayant vécu à Paris des années 1910 aux années 1970, cette exposition fait la lumière sur cette période méconnue du modernisme au Portugal. Le parcours, chronologique et très didactique, est articulé autour de 110 peintures et dessins et scindé en trois pôles,...

Amadeo de Souza-Cardoso (1887-1918), Le Prince et la Meute O Príncipe e a Matilha,... Modernités portugaises à la maison Caillebotte
Amadeo de Souza-Cardoso (1887-1918), Le Prince et la Meute [O Príncipe e a Matilha], 1912, huile et charbon sur toile, 99,5 80,5 cm. Photo Paulo Costa
© CAM-Fundação Calouste Gulbenkian, Lisbonne

En présentant des artistes de générations et de styles différents ayant vécu à Paris des années 1910 aux années 1970, cette exposition fait la lumière sur cette période méconnue du modernisme au Portugal. Le parcours, chronologique et très didactique, est articulé autour de 110 peintures et dessins et scindé en trois pôles, sous le commissariat de l’historienne et critique d’art Anne Bonnin. « La tension entre la culture moderne et la culture populaire, qui caractérise les avant-gardes, sous-tend l’exposition », précise-t-elle. Le premier chapitre est une vitrine des relations et échanges entre la Ville lumière et Lisbonne, menée par une poignée de jeunes artistes et poètes, dont Fernando Pessoa entre 1910 et 1918. Un choix d’œuvres emblématiques d’Amadeo de Souza-Cardoso, d’Eduardo Viana, d’Almada Negreiros, des Delaunay (réfugiés à Lisbonne pendant la Grande Guerre), témoigne de cette période bouillonnante des prémices du modernisme portugais. Le second chapitre, sans doute le plus intéressant de l’exposition, relate le long dialogue entre Vieira da Silva et Árpád Szenes, un couple de peintres apatrides et parisiens, incarnant un modernisme humaniste sans pour autant s’éloigner de leurs racines. La dernière partie, consacrée au surréalisme portugais né en 1935 et son influence sur les décennies suivantes, permet de découvrir les œuvres de deux précurseurs méconnus hors du Portugal : Mário Cesariny, dont les expérimentations le pousseront vers l’abstraction, et António Dacosta qui, dès les années 1950, s’écarte du surréalisme pour suivre de nouvelles aventures picturales. Même si les influences très marquées du fauvisme, du cubisme, de l’orphisme et du surréalisme ont un peu tendance à reléguer au second plan ces véritables personnalités ayant su contribuer au modernisme portugais, cette exposition a le mérite de nous les faire découvrir.

Maison Caillebotte, 8, rue de Concy, Yerres (91), tél. : 01 80 37 21 60.
Jusqu’au 30 octobre 2022.
www.maisoncaillebotte.fr
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