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Miró devance Morisot et Utrillo

Publié le , par Christophe Provot
Vente le 03 juin 2022 - 14:30 (CEST) - Salle 9 - Hôtel Drouot - 75009

Les grands noms de l’art moderne, impressionniste et contemporain se donnaient rendez-vous à Drouot, emmenés par un oiseau messager aux couleurs franches.

Joan Miró (1893-1983), L’Oiseau bleu, 1974, gouache et encre de Chine sur papier... Miró devance Morisot et Utrillo
Joan Miró (1893-1983), L’Oiseau bleu, 1974, gouache et encre de Chine sur papier à dessin, 30,4 22,4 cm.
Adjugé : 486 400 

© Successió Miró/ADAGP, Paris, 2022

«J’essaie d’utiliser les couleurs comme les mots qui composent un poème, comme les notes qui font la musique», avait coutume de dire Joan Miró. L’Oiseau bleu, gouache et encre de Chine sur feuille de carnet à dessin du Barcelonais, frappe par la vivacité des trois couleurs primaires choisies que sont le rouge, le jaune, et le bleu. Œuvre de maturité – l’artiste a alors 80 ans –, elle est aussi «probablement la plus vue en France», pour reprendre la formule vue dans la Gazette n° 16, dont elle ornait la couverture. Reproduite à 6,8 millions d’exemplaires en 1974 sur un format très réduit, celui d’un timbre-poste, la gouache originale s’est envolée à tire-d’aile à 486 400 €, doublant presque son estimation haute. Un bel hommage au maître de la monumentalité, ainsi qu’à Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération disparu le 1er octobre 2021 à l’âge de 101 ans, à qui Miró l’avait offerte. Ce fils de général en avait 54 et était alors ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones lorsqu’il donna carte blanche à l’artiste, qui choisit de revisiter l’oiseau-flèche des PTT pour en orner les timbres. Berthe Morisot (1841-1895) ignorait qu’elle aurait à son tour les honneurs de la philatélie, avec Le Berceau, célébrant le centenaire de sa mort. Son huile sur toile La Roche-Plate au Portrieux (41 33 cm), datée 1894 et reproduite en page 44 de la Gazette n° 21, changeait de mains moyennant 275 200 €. D’une touche impressionniste très enlevée, cette œuvre a appartenu à Julie Manet, fille unique de l’artiste et d’Eugène Manet – frère puîné d’Édouard Manet et peintre lui-même –, et fut exposée à de nombreuses reprises dans des galeries ou musées parisiens. Lui succédait une feuille de Miró – encore lui – présentant au recto une aquarelle et encre Sans titre de 1949 et au verso une Étude pour Ubu roi (67 51 cm), aquarelle et crayon de cire de 1953, emportée 172 800 €. L’Enfant à la veste rouge (22 16 cm), l’huile sur toile de Léonard Foujita de 1957, boutonnait 166 400 €. Maurice Utrillo (1883-1955), lui, recevait tour à tour 53 760 € pour une gouache de 1934, Montmartre, rue du Mont-Cenis (46 61 cm), et 51 200 € pour une toile vers 1916 aux allures d’hommage, Montmartre, la maison de Berlioz, rue du Mont-Cenis (63 73 cm).

vendredi 03 juin 2022 - 14:30 (CEST) - Live
Salle 9 - Hôtel Drouot - 75009
Beaussant Lefèvre & Associés
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