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Merveilles en vermeil des XVIIe-XVIIIe siècles

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 29 mars 2022 - 14:30 (CEST) - Salle 2 - Hôtel Drouot - 75009

Le corpus de pièces d’orfèvrerie provenant de Stéphane Faniel suscitait des enchères à la hauteur de sa passion au service de l’argenterie.

Robert-Joseph Auguste, reçu maître en 1757, carré en vermeil de forme rectangulaire... Merveilles en vermeil des XVIIe-XVIIIe siècles
Robert-Joseph Auguste, reçu maître en 1757, carré en vermeil de forme rectangulaire à contours, décor de canaux alternés de rosaces, feuilles de laurier et rubans, base à godrons, couvercle à bordure de moulures de feuilles de laurier, Paris, 1777-1778, 11 28 20,7 cm, poids 126 g.
Adjugé : 249 600 

Objet du Focus de la Gazette n° 11 (voir l'article La collection d’un orfèvre en la matière de la Gazette n° 11, page 22), la collection d’orfèvrerie réunie par l’historien d’art – et collaborateur de Christofle – Stéphane Faniel (1909-1978) recevait les honneurs des amateurs et plus d’1M€. Ce n’était que justice tant cet ensemble, réuni au fil d’une vie vouée à la spécialité, comportait de pièces aussi intéressantes esthétiquement qu’historiquement. En toute logique, c’est le carré en vermeil qui gravissait à 249 600 € la première marche du podium (reproduit ci-dessus). Primo, il s’agit de l’une des pièces essentielles de la toilette et secundo, elle était due à l’un des plus grands maîtres de la seconde moitié du XVIIIe siècle, le Valenciennois Robert-Joseph Auguste (1723-1805). Ce dernier porte à partir de 1777 le titre d’orfèvre ordinaire du Roi et devient le principal fournisseur de la Couronne jusqu’à la Révolution. Comme si cela ne suffisait pas, ses productions essaimeront dans toutes les cours d’Europe à la faveur des nombreuses commandes reçues de Catherine II de Russie, George III d’Angleterre ou encore Christian VII du Danemark — entre autres têtes couronnées. Il était suivi d’une timbale (reproduite page de droite) portée elle aussi, et comme il se devait, bien au-delà des espoirs, à 166 400 € exactement. L’objet est tout aussi exceptionnel par cette association du vermeil et du vernis à la façon de la laque de son décor chinoisant. De plus, il date des années 1686-1687, lorsque le soleil ne connaissait pas d’ombre encore et que l’argenterie brillait à la cour de Louis XIV : une période faste qui voit aussi le début d’un goût – lequel va prospérant au siècle suivant – pour les arts venus du vaste empire de l’Est. Autre perle rare était la tabatière en forme d’huître plate, œuvre des années 1755 du maître blésois Bernard Bellavoine. La boîte, ciselée au naturel, se refermait sur un résultat de 115 200 €. Quant au saupoudroir de forme balustre de Nicolas-François Cheron (voir le Focus susmentionné, page 24), grâce à son décor recherché d’appliques de termes féminins sur sa base, il retenait 94 720 €, ce qui le situe en haut de la fourchette pour ce type d’objet de table.
 

Jacques II Trouvé, reçu maître en 1673, timbale en vermeil, posant sur une bâte, décor en vernis brun-noir façon laque d’un paysage dans l
Jacques II Trouvé, reçu maître en 1673, timbale en vermeil, posant sur une bâte, décor en vernis brun-noir façon laque d’un paysage dans le goût chinois, Paris, 1686-1687, h. 8,2 cm, poids 107 g.
Adjugé : 166 400 
mardi 29 mars 2022 - 14:30 (CEST) - Live
Salle 2 - Hôtel Drouot - 75009
Jean-Marc Delvaux
Gazette Drouot
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