Marcel Gromaire (1892-1971) : l’élégance de la force à La Piscine

Le 30 juin 2020, par Caroline Legrand
Marcel Gromaire, La Guerre, 1925, huile sur toile, 130 97 cm, Paris, musée d’Art moderne de la Ville.
Photo : Julien Vidal/Parisienne de Photographie. © ADAGP, Paris 2020

Une œuvre forte, inscrite dans l’histoire d’une région mais aussi dans une période chargée en revendications politiques et sociales. Après être passée par les musées Eugène-Boudin à Honfleur et Paul-Valéry à Sète, cette exposition s’arrête à La Piscine. Un lieu qui s’impose lorsque l’on parle de l’artiste né à Noyelles-sur-Sambre, dans l’Avesnois, dans ce Nord qu’il aimait tant et où ses amis étaient comme lui membres actifs du Front populaire, tel Jean Lebas, maire de Roubaix et ministre du Travail, à l’initiative de la création de la piscine art déco de sa ville. Gromaire fait déjà partie intégrante de ce musée puisque dès l’entrée, sa toile monumentale de L’Abolition de l’esclavage, offerte en 2001 par le fils de l’artiste, accueille les visiteurs. Un thème à l’image de son travail, de facture humaniste. Ainsi, au travers des 187 œuvres peintes, dessinées et gravées présentées ici, on découvre l’artiste pleinement engagé dans son époque et ses combats. La Guerre, sa peinture sans doute la plus célèbre, ouvre ce parcours. Une œuvre emblématique des préoccupations de l’artiste, traumatisé par les années passées dans les tranchées, mais aussi de son style monumental très personnel, aux formes simplifiées inspirées du cubisme, à l’expressivité acerbe et à la palette réduite à des camaïeux de bleu et d’ocre. Avec son organisation thématique, l’exposition montre tout l’éventail des sujets abordés par Gromaire, et sa volonté de démontrer l’utilité sociale de l’art. En témoignent la salle sur les travailleurs avec La Batelière de 1924, ou celle sur les loisirs avec Les Bords de la Marne de 1925. L’humain est encore une fois au centre de ses préoccupations avec l’un de ses thèmes favoris, le nu féminin, à l’image de l’Étude de nu au manteau, toujours sensuel et forcément charnel, en quête d’idéal.

Musée d’art et d’industrie André-Diligent,
La 
Piscine, 23, rue de l’Espérance, Roubaix (59), tél. : 03 20 69 23 60.
Jusqu’au 20 septembre 2020.
www.roubaix-lapiscine.com
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