Gazette Drouot logo print

Man Ray, Trio pour Violon d’Ingres

Publié le , par Christophe Provot
Vente le 28 juin 2022 - 15:00 (CEST) - Salle 6 - Hôtel Drouot - 75009

Deux jours n’étaient pas de trop pour disperser la collection de Lucien Treillard, expert incontesté de l’œuvre de Man Ray, avec à la clé de beaux résultats consacrant l’artiste prolifique.

Man Ray (1890-1976), Le Violon d’Ingres, 1924, tryptique unique vers 1970, sérigraphies... Man Ray, Trio pour Violon d’Ingres
Man Ray (1890-1976), Le Violon d’Ingres, 1924, tryptique unique vers 1970, sérigraphies sur plastique
(l’une noire, une bleue, une rose), 65 
55 cm chacune.
Adjugé : 266 500 
© Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris 2022

Le mercredi 29, le marteau tombait pour la 192e et dernière fois, concluant à 7 800 € avec Juliet (16,7 11,7 cm), une épreuve gélatino-argentique de 1944, deux jours de vacations totalisant 2 443 480 € et émaillés de quelques pépites à six chiffres. Parmi elles et non des moindres, le tryptique unique du Violon d’Ingres (reproduit ci-dessus) suscitait toutes les envies et obtenait à 266 500 € la plus haute adjudication. Iconique, l’image était ici proposée en trois versions colorisées et très pop, dont celle en rose était jusqu’alors inconnue. C’est d’abord le Man Ray photographe qui est célébré, les épreuves de ses tirages constituant la majeure partie de la vente. Outre ses clichés décalés, à l’instar de Transatlantique (29,3 23,5 cm) de 1920, en réalité le contenu d’un cendrier renversé au sol (16 900 €), ou encore d’Élevage de poussière (13,8 cm) de la même année, emporté à 23 400 €, il s’agissait aussi de portraits en tirage original de ses amis artistes. Celui de Marcel Duchamp (12,2 cm) saisi en 1918 était prisé 13 650 €, celui d’Henri Matisse (20,8 16 cm) immortalisé en 1922, à 22 750 €, et celui de Pablo Picasso (21,5 16,5 cm) réalisé la même année était adjugé 16 900 €. Les tirages des années 1960 étaient néanmoins courus, 84 500 € récompensant une épreuve gélatino-argentique grand format postérieure de Lee Miller, vers 1929 (81,5 61,5 cm). Les accompagnaient dix-huit tirages de l’élève de Man Ray Jacques-André Boiffard (1902-1961), qui totalisaient 348 750 €, la palme revenant pour 7 820 € à Alberto Giacometti, vers 1930 (20,2 25,2 cm), une épreuve gélatino-argentique vers 1960. Man Ray sculpteur était également à l’honneur, au travers de nombreuses productions parmi lesquelles Mr Knife and Mrs Fork (34 22,8 cm) de 1944 – un couteau et une fourchette entourant des perles de bois dans un filet tendu –, qui décrochait 36 400 €, et Idole du pêcheur (40,5 9,3 cm), sculpture en bronze totémique de 1926 emportée à 52 000 €. Une même adjudication venait saluer son étonnant Objet non-euclidien I de 1932, entortillé en page 48 de la Gazette n° 25 (voir l'article Les champs du possible de Man Ray).

 

Ce portrait de Man Ray par lui-même vous dit forcément quelque chose… Cette épreuve gélatino-argentique (8,5 x 5,5 cm) – avec contact orig
Ce portrait de Man Ray par lui-même vous dit forcément quelque chose… Cette épreuve gélatino-argentique (8,5 5,5 cm) – avec contact original d’époque – résulte de la même séance de pose que son autoportrait signature. La prise de vue est volontairement éloignée du sujet afin de pouvoir être recadrée au tirage, et la solarisation – procédé risqué car l’image peut être voilée – est effectuée directement sur le négatif. Seule différence avec l’Autoportrait définitif : celui-ci est réalisé à quelques secondes d’écart, le profil se trouvant de trois quarts. Une variante qui a un coût, en l’occurrence ici de 78 000 €.
© Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris 2022
Kiki, femme dont la beauté captiva Man Ray, lequel immortalisa son dos et sa taille pour la postérité, fut très photographiée par lui. Ici
Kiki, femme dont la beauté captiva Man Ray, lequel immortalisa son dos et sa taille pour la postérité, fut très photographiée par lui. Ici, sa pose quasi sculpturale n’est pas sans rappeler en miroir celle dans laquelle
il la représente sur une eau-forte colorée (prisée 2 
080 € dans la même vente). Ce tirage, réalisé par l’artiste vers 1960 à l’occasion de la Photokina et de son exposition à la BnF, se distingue par une taille (60,5 50 cm) et une qualité qui le rendent unique. Dès lors, il s’envolait à 214 500 €, bien loin de son estimation de 6 000/8 000 €.

© Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris 2022





































 
Si cette œuvre vous donne une impression de déjà-vu, c’est tout à fait normal. Choisi pour illustrer la couverture de la Gazette n° 22, Pê
Si cette œuvre vous donne une impression de déjà-vu, c’est tout à fait normal. Choisi pour illustrer la couverture de la Gazette n° 22, Pêchage (36 24 11,5 cm), artefact hybride de 1969, constitué de trois pêches artificielles dans une boîte en bois peint garnie de coton, s’échangeait à 127 400 €. Cette version – une épreuve d’artiste, comme l’atteste la mention dans la boîte – est la plus ancienne connue, une autre ayant été produite en 1970 pour servir de modèle à l’édition de 1972. Cette dernière sera réalisée à neuf exemplaires et trois épreuves d’artiste par la galerie turinoise Il Fauno.
© Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris 2022
Voilà (36 x 21,8 x 13,6 cm), datée de 1970, se résume à une boîte en bois peint dans laquelle est placée une voile réalisée dans la toile
Voilà (36 21,8 13,6 cm), datée de 1970, se résume à une boîte en bois peint dans laquelle est placée une voile réalisée dans la toile rose de L. Fouanet, que traverse un pinceau posé sur une coque en bois teinté, le papier d’aluminium figurant l’élément liquide. Emportée à 119 600 €, cette œuvre – autre épreuve d’artiste – fait partie des quelques essais préparatoires à une édition non réalisée.
© Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris 2022
mardi 28 juin 2022 - 15:00 (CEST) - Live
Salle 6 - Hôtel Drouot - 75009
Christophe Joron Derem
Gazette Drouot
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 2 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne