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Mai Trung Thu et Vu Cao Dam, tour d’horizon du Vietnam

Publié le , par Sophie Reyssat

Illustrées par Mai Trung Thu et Vu Cao Dam, les traditions et la culture du pays sont aussi représentées par ses objets d’art.

Mai Trung Thu, La Cérémonie du thé, 1971, encre et couleurs sur soie, 55,8 x 55,8 cm.... Mai Trung Thu et Vu Cao Dam, tour d’horizon du Vietnam
Mai Trung Thu, La Cérémonie du thé, 1971, encre et couleurs sur soie, 55,8 55,8 cm.
Estimation : 300 000/500 000 

Cette dispersion en deux volets invite à découvrir les traditions du Vietnam à travers ses tableaux et ses objets d’art. Alors que vient de s’achever, au musée des Ursulines de Mâcon, l’exposition «Mai-Thu (1906-1980) écho d’un Vietnam rêvé», première rétrospective consacrée à ce peintre de la vie indochinoise, cinq œuvres exécutées à l’encre et couleurs sur soie évoqueront son art à Neuilly, dans une fourchette de 30 000 à 500 000 €. La Cérémonie du thé en est la pièce phare (voir ci-dessus). Exposée à la galerie Jacques Doucet en 1971, l’année de sa création, et acquise peu après, elle a depuis été conservée au sein de la même famille. Ce tableau est emblématique des valeurs du pays. Le rituel codifié qui préside à la consommation du thé crée un moment de sérénité propice au partage. Mai-Thu réunit tous les âges autour de la petite table en bois et du réchaud, symbolisant ainsi l’unité du cercle familial, pilier de la société. Il décrit également avec minutie la théière et les tasses de porcelaine, qui font écho à un ensemble de pièces dites «bleus de Huê», appartenant à un amateur vietnamien vivant en Normandie, et dont la collection sera ici dispersée. D’autres facettes de l’artiste seront montrées à travers ses œuvres. La Danse du foulard fait ainsi référence à une chorégraphie traditionnelle pratiquée à la cour de Huê. Mai-Thu, musicien lui-même, livre ici une œuvre particulièrement raffinée, presque maniériste (81 31 cm, 200 000/300 000 €). Plus inhabituel pour un peintre célébrant la beauté féminine à travers des portraits de mères, de sœurs ou de beautés pudiques, Le Sommeil dévoile sensuellement la nudité d’une jeune femme abandonnée (16 29,5 cm, 45 000/60 000 €). À la mode occidentale, Mai Trung Thu a également peint un bouquet. En observant sa Composition à l’hortensia (60,5 45,5 cm, 30 000/50 000 €), le spectateur remarque un livre dont le titre Doi Song Moi pourrait être traduit par «nouvelle vie». Il s’agit de l’ouvrage d’Hô Chi Minh délivrant les préceptes de la nouvelle République démocratique du Vietnam.
 

Professeure à l’École des beaux-arts d’Hanoï, la Française Alix Aymé (1894-1989) a eu un coup de cœur pour l’Asie : elle l’a sillonnée pen
Professeure à l’École des beaux-arts d’Hanoï, la Française Alix Aymé (1894-1989) a eu un coup de cœur pour l’Asie : elle l’a sillonnée pendant plus de vingt ans, du Laos au Cambodge en passant naturellement par le Vietnam, et jusqu’en Chine. Dans cette huile sur toile, elle a ainsi figé la beauté des Toits de Yunnanfou (60,3 69,3 cm, 15 000/20 000 €). Il fallait trois jours pour relier Hanoï à cette ville du sud de la Chine, grâce au chemin de fer grimpant jusqu’à 2 000 m d’altitude, après avoir traversé le bassin du fleuve Rouge et celui du Yang-Tsé. L’artiste fut séduite par cette cité grouillante de vie, dont l’activité semblait celle d’un vaste marché.
Sculpté de joncs, de roseaux, de criquets et de fleurs de lotus en relief, ce paravent de bois (190 x 91 cm pour le panneau central, 178 x
Sculpté de joncs, de roseaux, de criquets et de fleurs de lotus en relief, ce paravent de bois (190 91 cm pour le panneau central, 178 50 cm pour les latéraux), réalisé au XVIIIe ou au XIXe siècle, est incrusté de quatorze assiettes en porcelaine bleu et blanc. Celles-ci s’ornent d’animaux et de personnages dans des paysages, sont parfois assorties d’un poème ou font référence à une légende vietnamienne. Quelques-unes présentent des cachets recherchés, et certaines arborent la marque impériale. Pièce exceptionnelle par son originalité et la qualité de ses porcelaines, ce paravent est proposé autour de 50 000 €.

Le lien de piété filiale unissant les générations s’exprime dans cette peinture de Vu Cao Dam (1908-2000), montrant Le Culte des ancêtres
Le lien de piété filiale unissant les générations s’exprime dans cette peinture de Vu Cao Dam (1908-2000), montrant Le Culte des ancêtres en 1942 (78,5 47,5 cm à vue, 200 000/300 000 €). Leur vénération marque l’appartenance à un même clan solidaire, et permet aux vivants de s’inscrire dans la continuité de ceux envers lesquels ils manifestent ainsi leur reconnaissance. Dans cette œuvre de jeunesse, de taille importante pour une peinture sur soie, l’artiste met l’accent sur le recueillement de ses personnages, mis en exergue par des couleurs délicates, la finesse du trait et la composition dirigeant le regard vers les bâtonnets d’encens.
Cette Vietnamienne en tenue traditionnelle a été immortalisée par Évariste Jonchère (1892-1956) sous le titre de Congaïe couture, «con gâi
Cette Vietnamienne en tenue traditionnelle a été immortalisée par Évariste Jonchère (1892-1956) sous le titre de Congaïe couture, «con gâi» signifiant «jeune femme». L’obtention du prix d’Indochine, décerné par la Société coloniale des artistes français, en 1932, a permis à l’artiste de voyager en Asie du Sud-Est pendant deux ans, et d’enseigner à l’École des beaux-arts d’Hanoï. À la mort de Victor Tardieu, il est choisi pour prendre sa place à la tête de l’établissement, de 1938 à 1944. C’est à cette époque qu’il réalise cette sculpture, dont le plâtre figure dans la collection du Conservatoire d’art et d’histoire de Haute-Savoie, à Annecy. Il a permis à E. Godard de fondre ce bronze en 1940, marqué de son cachet et numéroté «E. A». III/IV (62 21 21 cm, 12 000/15 000 €).
jeudi 30 septembre 2021 - 14:30 (CEST) - Live
Hôtel des ventes, 164 bis, avenue Charles-de-Gaulle - 92200 Neuilly-sur-Seine
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