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Mai-Thu, en toute transparence

Résultat 211 200 EUR
Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 25 février 2022 - 14:00 (CET) - Salle 2 - Hôtel Drouot - 75009

Une paire de lunettes chinoises en cristal de roche portait son regard vers une œuvre sur soie de Mai-Thu, délicate comme il se doit ! 

Mai Trung Thu, dit Mai-Thu (1906-1980), L’Écharpe rose, 1940, encre et gouache sur... Mai-Thu, en toute transparence
Mai Trung Thu, dit Mai-Thu (1906-1980), L’Écharpe rose, 1940, encre et gouache sur soie, 28 21,5 cm.
Adjugé : 211 200 


On se souvient tous du film de Bernardo Bertolucci Le Dernier Empereur, même s’il remonte – déjà ! – à 1987. Puyi, interprété par le Hongkongais John Lone, y porte ses lunettes emblématiques. Les originales étaient de forme ovale, avec des montures en or, et avaient été fabriquées par une entreprise d’optique nommée Jing Yi. La paire en cristal de roche et laiton présentée dans son étui d’origine, et remarquée en page 13 de notre édition du 11 février (n° 6), est chinoise elle aussi : elle provient du magasin Chu Sanshan et a été ravie lors du sac du palais d’Été de 1861. C’est ainsi que récupérée par un soldat du 3e génie, elle a vogué jusqu’à l’Europe, a changé plusieurs fois de propriétaire et s’est retrouvée dans une vente à l’Hôtel Drouot. Voilà un parcours original pour un objet l’étant tout autant et qui n’a pas manqué d’attirer les regards, puisqu’il a été acquis à 15 360 € ! Les dix catalogues présentant en tout 634 épreuves photographiques — sur papier albuminé — d’objets d’art chinois et d’Asie du Sud-Est se sont avancés plus modestement. Datant du tournant du XXe siècle et constituant une véritable mine pour les collectionneurs, ils ont été feuilletés à 8 320 €. Une guanyin (h. 25 cm) en porcelaine «blanc de Chine» surprenait à son tour. Assise, vêtue de robes volumineuses tombant en plis harmonieux, elle baissait les yeux à 25 600 €. Quant au brûle-parfums en bronze cloisonné d’époque Qianlong (1736-1795), reproduit en page 42 de la Gazette n° 7 (voir l'article Senteurs chinoises), il dégageait une fumée parfumée de 53 760 €. La plus grande surprise venait finalement de cette encre et gouache sur soie de Mai-Thu, ayant pour titre L’Écharpe rose et délicatement enroulée à 211 200 €. Mais est-ce vraiment une surprise tant, dans nos comptes rendus des ventes parisiennes et en régions, les hauts résultats de ce diplômé des Beaux-Arts d’Hanoï ayant choisi de s’installer en France sont fréquents ? Celle-ci a été peinte en 1940, alors que l’élève devenu maître, engagé volontaire auprès de l’Armée française, est démobilisé à Mâcon. Le musée des beaux-arts de la ville lui a consacré l’été dernier une exposition qui, devant le succès rencontré, a été prolongée jusqu’au 2 janvier de cette année. On comprend pourquoi !

vendredi 25 février 2022 - 14:00 (CET) - Live
Salle 2 - Hôtel Drouot - 75009
Ader
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