Madre Napoli : Pier Paolo Calzolari. Painting as a Butterfly

On 03 September 2019, by Zaha Redman

Madre Napoli, 79, via Settembrini, Naples, tél. : +39 344 130 130 6, www.madrenapoli.itJusqu’au 30 septembre 2019.

Pier Paolo Calzolari (né en 1943), Veste urbinate, 1986-1999, collection privée, Lisbonne.
© Photo Michele Alberto Sereni

Cette belle rétrospective  organisée avec la fondazione Donnaregina  d’un artiste certes connu, mais qui n’est pas sur le devant de la scène, est consacrée à la peinture et aux dessins de Calzolari, une bonne partie de sa production étant composée par ailleurs d’installations ou de sculptures. Né à Bologne en 1943, il a grandi à Venise. Après un retour dans sa ville natale, il a migré à Paris, Berlin et New York. Aujourd’hui, il est installé au Portugal. Les peintures de Calzolari sont colorées, tendanciellement monochromes, et procèdent souvent d’une forme de théâtralisation du tableau : la toile est associée à une mise en scène d’objets plutôt hétéroclites, tantôt bruts  un rideau de plomb, une plaque rouillée , tantôt organisés en nature morte vivante. Il y a régulièrement une table avec des petites sculptures, des petits moteurs, ou une installation au pied de la toile, avec un système de réfrigération, un petit train… Calzolari est un expérimentateur qui ne dédaigne pas le bricolage ; il marie le suprématisme avec l’arte povera dans une veine métaphysique. Il se nourrit de tout, les tendances artistiques qui sont dans l’air, les réminiscences picturales plus ou moins anciennes, modernes ou classiques. Il croise les signes, les langues et les temps. Cette liberté langagière et poétique (l’art de papillonner) peut dérouter. Déployée sur plusieurs niveaux dans les salles blanches et vigoureuses du musée, la peinture de Calzolari distille une énergie silencieuse, énigmatique, teintée de mélancolie, qui renvoie à la peinture de Giorgio Morandi, ou à celle de Lucio Fontana. Quoique lesté par la masse et les matières, le tableau se dissout dans les énergies chromatiques et les lumières. Cette tension entre l’agrégat, travaillé, productif, et l’épiphanie quasi mystique, apparaît finalement comme le fil conducteur de l’œuvre.

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