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Macario Vitalis, un peintre philippin en France

Publié le , par Harry Kampianne

Originaire des Philippines, Macario Vitalis (1898-1989) a passé une grande partie de son existence entre Puteaux et Plestin-les-Grèves (Bretagne), délaissant son pays natal dès l’âge de 20 ans pour les États-Unis et finalement la France. L’exposition qui lui est consacrée à la maison Lorilleux – une ancienne imprimerie...

Macario Vitalis, un peintre philippin en France
Macario Vitalis, Femmes au marché, huile sur toile, 100 65 cm, collection Christine Thorailler.
© Maria Perez

Originaire des Philippines, Macario Vitalis (1898-1989) a passé une grande partie de son existence entre Puteaux et Plestin-les-Grèves (Bretagne), délaissant son pays natal dès l’âge de 20 ans pour les États-Unis et finalement la France. L’exposition qui lui est consacrée à la maison Lorilleux – une ancienne imprimerie réputée pour la grande variété de ses encres – veut nous faire découvrir, au travers d’une quarantaine d’œuvres, un artiste humble, discret et surtout novateur selon la commissaire Christine Thorailler, qui a prêté la plupart des pièces, issues de sa propre collection. «Quand je dis novateur, je veux parler de sa période postcubiste. Il a inventé un style, ses propres couleurs, tout en se détachant de l’influence de Jacques Villon, un ami intime rencontré grâce à Camille Renault, un grand collectionneur passionné par les peintres de l’école de Paris, propriétaire du restaurant le Big Boy à Puteaux. Un lieu de convivialité où les artistes de l’époque aimaient se rencontrer.» Le parcours proposé, plutôt sobre et monté comme une mini-rétrospective, privilégie la chronologie. La salle consacrée à ses débuts, période où il s’installe à Montmartre et survit dans une extrême misère, dévoile déjà, malgré le peu de moyens, l'intensité de sa palette. La véritable éclosion artistique se fait au milieu des années 1930, au moment où le postcubisme attire encore de nombreux peintres. Macario fait alors sans doute partie des plus talentueux. La série proposée par Christine Thorailler témoigne de sa riche créativité à cette époque, notamment La Blanchisseuse et Femmes au marché : «Une période très recherchée par les collectionneurs philippins, asiatiques et américains», précise-t-elle. Mais vers la fin des années 1950, il se dirige vers un néo-impressionnisme pointilliste des plus convenus. Il n’en reste pas moins que cette école de Paris de l’entre-deux-guerres regorge de pépites encore méconnues. Macario Vitalis est l’une d’entre elles.

Maison Lorilleux, parc du Moulin,
157, rue de la République, Puteaux (92),
Jusqu'au 5 juin 2022.
www.puteaux.fr
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