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Loïc Le Groumellec : Les Reposoirs de la procession 

Le 21 mars 2019, par Zaha Redman

Galerie Karsten Greve, 5, rue Debelleyme, Paris IIIe, tél. : 01 42 77 19 37, galerie-karsten-greve.com/fr Jusqu’au 11 mai 2019.

Loïc Le Groumellec : Les Reposoirs de la procession 
Loïc Le Groumellec (né en 1957), Écriture, 2018, huile sur toile, 34,5 72 cm.
© Loïc Le Groumellec, Courtesy Galerie Karsten Greve Köln, Paris, St. Moritz. Photo : David Bordes

Loïc Le Groumellec (né en 1957) s’inscrit aujourd’hui dans la même démarche que Malevitch il y a cent ans : puiser dans une tradition non latine, plutôt précapitaliste, néolithique ou médiévale, refonder un art iconique abstrait, spirituel, tournant le dos à l’actualité ou à la figuration. Le monde celtique lui offre une richesse et un magnétisme que les paysages de Bretagne, d’Irlande ou d’Écosse restituent parfaitement, et c’est dans cette convergence entre nature, bâti et écriture, entre espace cosmique et communautés humaines, qu’il se positionne. Ses productions récentes l’attestent : d’une part des toiles pratiquement monochromes, entre tablettes écrites et paysages ; de l’autre, de petits autels posés sur socle, dont la sphéricité primitive évoque une voûte céleste peuplée de mythes et de légendes. Les peintures, petites et grandes, des huiles monochromes allant de l’ocre au brun profond, déclinent un signe unique mais présenté en de multiples variations : quelques courbes enchâssées les unes dans les autres, issues d’un motif trouvé sur le cairn de Gavrinis (golfe du Morbihan). Végétal et animal, calligraphique ou archéologique, microscopique ou cosmique, ce signe répété à l’infini retenu dans une huile transparente, lisse, un peu visqueuse habite l’espace, peuple l’univers, déchaîne nos chimères. Les compositions les plus réussies sont les polyptyques, qui semblent plus fidèles à la matrice picturale de cette production, l’Annonciation. Les sculptures («Reposoirs de la procession»), branchages formant une sorte de tente abritant un petit tableau, évoquent un itinéraire, une progression et ses stations, et les branches de prunellier, délicates mais souples et robustes, renvoient aux arcs emboîtés des toiles. Procession, station, réitération, circularité, traversent cette série sans jamais en rompre le caractère magique, archétypal, mais sans se départir non plus des obscurités du temps et du cosmos.

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