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L’impressionnisme à la lumière russe

Le 13 juillet 2018, par Caroline Legrand

Dans cette œuvre peinte en 1922, c’est-à-dire avant son exil en France, Constantin Korovine nous livre sa version de l’impressionnisme. Une découverte lumineuse d’une œuvre russe, dans une collection particulière normande.

L’impressionnisme à la lumière russe
Constantin Alexeïevitch Korovine (1861-1939), La Véranda, 1922, huile sur toile signée et datée, 87 x 64,5 cm.
Estimation : 40 000/60 000 €


Tous les regards se tournent en ce moment vers la Russie, pour cause de Coupe du monde de football. Allons droit au but : nous vous invitons à découvrir un autre pan de la culture russe, sa peinture impressionniste. Sachez donc qu’en 2016 à Moscou, l’homme d’affaires Boris Mintz a créé un musée entièrement consacré à ce mouvement. Parmi les cent cinquante œuvres exposées, provenant de sa collection personnelle, nombreuses sont celles signées Constantin Korovine. Si l’art de cette époque a bien longtemps été cantonné aux peintres réalistes «ambulants» de la fin du XIXe, puis aux peintres abstraits du siècle suivant, on découvre peu à peu l’influence de l’impressionnisme sur les artistes russes… et toutes les formes qu’il a pu prendre dans ce pays à une époque voyant la fin de l’Empire et l’émergence du bolchevisme. Korovine compte parmi les artistes ayant offert l’une des plus belles interprétations de l’impressionnisme français, pleine de dynamisme, aux touches larges et aux couleurs vives. Un style qui s’adapta parfaitement à ses vues de Paris, ses boulevards la nuit, scintillant de couleurs. Mais si ces sujets feront florès après son installation en France, en 1923, ce sont des paysages lumineux et poétiques, parfois animés de personnages vaquant à leurs occupations dans une douce tranquillité estivale, qui marquent les années précédentes. En témoigne cette toile, prochainement présentée à Vernon, qui appartient à sa période de création russe. Datée de 1922, elle a été acquise à Paris vers 1925, puis est restée dans la famille par succession jusqu’à son propriétaire actuel, vivant en Normandie.
Dernière image du bonheur
Au plus haut des enchères récompensant les œuvres de Constantin Korovine se placent nombre de ces paysages lumineux, décrivant la région de Gourzouf, station balnéaire située sur la péninsule de Crimée, au bord de la mer Noire. C’est non loin de cette ville que le peintre acheta en 1910 une villa, dans le village d’Okhotino près de Iaroslavl, devenue le Centre d’art Korovine. Il se rendait régulièrement dans cette résidence d’été, y peignant les alentours, mais aussi des scènes de vie familiale d’une grande gaieté. Notamment dans cette belle véranda, que l’on retrouve dans un autre tableau de 1921 adjugé à Londres, chez Sotheby’s le 26 novembre 2007, 894 100 £ (env. 1,3 M€ en valeur réactualisée). Ici aussi, les couleurs claires  directement sorties des tubes  dominent, jouant des nuances de vert et de violet, mais aussi de la lumière, découpée en larges bandes par les petits carreaux de verre. Une dernière image du bonheur de vivre en Russie, peu avant le départ du peintre et de sa famille pour la France, en 1923. Un pays qu’il connaît déjà bien à cette époque, puisque, après un premier voyage dans le nord de la Russie et en Scandinavie en 1888 et 1894, il s’y est rendu à plusieurs reprises en 1886, 1892 et 1893, où la découverte de l’impressionnisme sera une véritable révélation pour lui. S’il reste sur sa terre natale après la révolution, tentant notamment de sauver les œuvres d’artistes emprisonnés, Korovine choisira finalement de s’exiler  grâce à l’aide du commissaire du peuple à l’Instruction, Anatoli Lounatcharski  vers d’autres paysages.

tableaux, mobilier et objets d'art, argenterie, bronzes, horlogerie
samedi 28 juillet 2018 - 14:00 (CEST)
8, avenue de l'Ile-de-France - 27200 Vernon
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