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Les visions singulières de Toyen

Publié le , par Christophe Provot

Figure incontournable du surréalisme tchèque, l’artiste praguoise s’illustrait dans cette vacation, en compagnie de Matisse, avec son œuvre fantasmagorique.

Marie Cerminova, dite Toyen (1902-1980), Il s’anime, 1957, huile sur toile, 46 x 38 cm.... Les visions singulières de Toyen
Marie Cerminova, dite Toyen (1902-1980), Il s’anime, 1957, huile sur toile, 46 38 cm.
Adjugé : 228 000 

Singulière en tout, révolutionnaire et imprévisible, Toyen est aujourd’hui l’une des artistes tchèques les plus cotées sur le marché de l’art. Dès lors, rien de surprenant à ce que cette toile se soit envolée à 228 000 €, gagnant la 32e place au palmarès mondial de l’artiste (source : Artnet). Pourtant, cette femme originale, admirée de Breton et d’Éluard, disparut dans la solitude et le dénuement en 1980. Née à Prague en 1902, ayant fait ses études à l’École des arts appliqués de la ville, Marie Cerminova de son vrai nom partage sa vie entre la capitale tchèque et Paris, où elle s’exilera définitivement en 1947 avec le poète Jindrich Heisler. C’est en 1923 qu’elle choisit le pseudonyme de Toyen, contraction du mot français «citoyen» pour les uns, du tchèque to je on («c’est lui») pour les autres. Ses relations nouées avec les surréalistes français vont se renforcer avec la venue de Breton et d’Éluard à Prague avant la guerre. Au sortir du conflit, les œuvres de Toyen se résument principalement à des paysages de désastre et de désolation. Plus tard encore, renouant avec le surréalisme, sa peinture garde un caractère étrange voire angoissant, alors que son cercle d’amis se rétrécit et qu’elle s’isole dans un monde à elle. Peinte en 1957, notre œuvre appartient à cette période, mêlant des éléments hétéroclites tels que les formes animales et yeux qui peuplent ses visions. Cette inquiétante étrangeté aura été du goût du marchand Arturo Schwarz (1924-2021), critique et historien d’art spécialisé dans le mouvement surréaliste, qui exposa l’artiste dans sa galerie de Milan en 1961, conservant cette œuvre pour sa collection personnelle. Relevant d’un tout autre univers, le fusain et estompe sur papier intitulé Deux femmes et un enfant dans un intérieur, fenêtre ouverte, janvier 1939 (61 61 cm) d’Henri Matisse, vu en page 55 de la Gazette n° 24 (voir l'article Feuille d’étude d’Henri Matisse), requérait 520 800 €.

vendredi 24 juin 2022 - 14:00 (CEST) - Live
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