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Les poulains de l’écurie Stadler

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 18 octobre 2018 - 14:00 (CEST) - Salle 10-16 - Hôtel Drouot - 75009

La galerie Stadler, créée en 1955 par Rodolphe Stadler (1927-2009), a défendu plus de quarante ans durant une certaine idée de la création contemporaine «Un art autre, où il s’agit de nouveaux dévidages du réel», ainsi que le définissait son conseiller artistique, Michel Tapié (voir Gazette no 35 page 70). Après une première...

Antonio Saura (1930-1998), Baron, 1963, huile sur toile, 130 x 97 cm. Adjugé : 1... Les poulains de l’écurie Stadler
Antonio Saura (1930-1998), Baron, 1963, huile sur toile, 130 x 97 cm.
Adjugé : 104 000 €

La galerie Stadler, créée en 1955 par Rodolphe Stadler (1927-2009), a défendu plus de quarante ans durant une certaine idée de la création contemporaine «Un art autre, où il s’agit de nouveaux dévidages du réel», ainsi que le définissait son conseiller artistique, Michel Tapié (voir Gazette no 35 page 70). Après une première dispersion chez Christie’s en juin 2013, son ancien fonds était présenté chez Thierry de Maigret sur deux jours. Le parcours de cette enseigne est bien connu, l’histoire en étant encore récente et ses archives ayant été données aux Abattoirs de Toulouse. Ce sont près de quatre cents numéros qui était proposés et, en toute logique, certaines œuvres ont largement dépassé les attentes, permettant à cette vente de se conclure sur un produit total de 1 367 369 €. C’était tout particulièrement le cas pour celles de l’Espagnol Antonio Saura (1930-1998) et de l’Américain Norman Bluhm (1921-1999). Du premier, un Baron de 1963 (reproduit ci-contre), archétype assez saisissant de la figure humaine l’un de ses thèmes récurrents à partir des années 1950 et bardé d’étiquettes d’expositions, s’affichait à 104 000 €. Du même, un Personnage (49,5 x 70 cm) à l’encre de 1963 dévoilait sa silhouette fantomatique à 21 450 €. La palette y est limitée aux différentes nuances de brun, de noir et de gris, un parti pris adopté au début de 1960. L’artiste s’inscrit dans la lignée de Goya et du peintre des Ménines d’ailleurs, une technique mixte de sa main était intitulée Superposition Vélasquez (1973, 23 x 17,5 cm, 5 200 €). Tout autre démarche chez l’Américain : entre 1948 et 1956, celui-ci vit à Paris et rencontre Joan Mitchell, Sam Francis, Riopelle… Abandonnant définitivement l’esthétique de l’école de Paris, il se consacre au «all over», sous l’influence de Pollock et de De Kooning. Sa fougue gestuelle est tempérée par son appétence pour la couleur. Orange (58 x 101 cm), une gouache de 1958, explosait à 31 200 €, et Sans titre fond blanc, une toile de 1965, dessinait des lignes structurantes à 24 700 €. Autre surprise, les 84 500 € exprimés sur un ensemble de dix-sept techniques mixtes sur gravures en noir, réalisées en 1991 par l’Autrichien Arnulf Rainer (né en 1929) pour sa «Suite Racine», dans laquelle est malmenée l’image des héroïnes de la tragédie. La toile de David Budd (1927-1991) reproduite dans la Gazette no 35 page 70, Waterfront B, recevait 11 700 €. Cette vente invitait à un dernier regard d’ensemble sur un lieu de mémoire, qui demeurera une référence.

jeudi 18 octobre 2018 - 14:00 (CEST) - Live
Salle 10-16 - Hôtel Drouot - 75009
Thierry de Maigret
Gazette Drouot
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