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Les peintures de la collection Kahn

Résultat 226 450 EUR
Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 10 décembre 2021 - 14:00 (CET) - Salle 5 - Hôtel Drouot - 75009

La tonalité de ce 4e opus de la collection Kahn offrait une vision plutôt sombre du surréalisme, qui y régnait toujours sans partage.

Esteban Francés (1913-1976), Brote (Épidémie), 1938, huile sur carton, 50 x 65 cm... Les peintures de la collection Kahn
Esteban Francés (1913-1976), Brote (Épidémie), 1938, huile sur carton, 50 65 cm (détail).
Adjugé : 226 450 

Cette nouvelle dispersion flirtait avec les 3 M€, se concluant sur un total de 2 929 606 €. Un produit réalisé grâce aux beaux résultats des tableaux surréalistes, les ouvrages étant cette fois moins coûteux. Brote (Épidémie) (voir page de droite) est une peinture puissante d’Esteban Francés. Proche des groupes d’avant-garde – l’Espagnol doit à sa rencontre avec Óscar Domínguez et Marcel Jean d’être initié aux principes du surréalisme –, il la peint en 1938, comme une protestation virulente contre la gangrène franquiste et les désastres de la guerre. Dans un article paru en 1939, André Breton rendait hommage à son travail : «Une main invisible prend la sienne et l’aide à dégager les grandes figures hallucinantes qui étaient en puissance dans cet amalgame.» L’artiste, peu fréquent sur le marché de l’art, s’octroyait avec les 226 450 € de cette huile un record mondial (source : Artnet). Il n’y avait guère plus d’espoir dans le panneau Sans titre (41,5 33,5 cm) de Jean-Pierre Duprey (1930-1959). L’artiste est un météore de la scène artistique et littéraire, fauché en pleine envolée avant d’atteindre ses 30 ans. En 1951, il délaisse l’écriture poétique pour se consacrer à la peinture de ce qu’il appelle des «objêtres». Ils évoluaient ici devant un fond en feu et brillaient 145 600 €, un record mondial là encore. Objet emblématique du surréalisme s’il en est, le Spectre du Gardénia, un buste en flocage sur plâtre de Marcel Jean et de 1936 (h. 35 cm, voir l'article Collection Kahn, un opus 4 riche en découverte de la Gazette n° 43, page 65), obtenait 52 000 €. Et la surprenante peinture de l’entourage de Cornelis Van Dalem (vers 1530-1573), La Légende du boulanger d’Eeklo (voir article susmentionné), affichait 45 370 € avec ses hommes à tête de chou. En revanche, avec Pierre Roy, pratiquant un réalisme proche de la peinture métaphysique de Giorgio De Chirico, on avait envie que cette roue, celle de La Fortune au repos (voir ci-dessous), tourne dans le bon sens et prenne le chemin d’un ciel plus dégagé. Son résultat de 67 000 € y contribuait en tout cas…
 

Pierre Roy (1880-1950), La Fortune au repos, avant 1933, huile sur toile, 55 x 33,5 cm. Adjugé : 67 000 €
Pierre Roy (1880-1950), La Fortune au repos, avant 1933, huile sur toile, 55 33,5 cm.
Adjugé : 67 000 
vendredi 10 décembre 2021 - 14:00 (CET) - Live
Salle 5 - Hôtel Drouot - 75009
Pierre Bergé & Associés
Gazette Drouot
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