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Les passantes du sans-souci de Kees Van Donne

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 11 décembre 2019 - 14:00 (CET) - Salle 6 - Hôtel Drouot - 75009

Des silhouettes couleur pastel, peintes par Kees Van Dongen sur les planches de Deauville, faisaient leur cinéma à 226 060 €.

Kees Van Dongen (1877-1968), New Arrivals, huile sur toile, vers 1922-1925, 33 x 55 cm.... Les passantes du sans-souci de Kees Van Donne
Kees Van Dongen (1877-1968), New Arrivals, huile sur toile, vers 1922-1925, 33 55 cm.
Adjugé : 226 060 

Sans doute les longues étendues de sable gris et le ciel bas de la cité balnéaire normande rappelaient-ils à l’artiste les paysages de son enfance en Hollande… Dès 1913, année de son premier séjour à Deauville (voir l'article Van Dongen, le roi des Planches page 57 de la Gazette no 42), il l’adopte. Il faut y voir certainement aussi son goût pour la mondanité et la vie au milieu de personnages élégants ! Quoi qu’il en soit, il ne s’agit guère d’une villégiature. Tout au contraire, il travaille abondamment, livrant beaucoup d’aquarelles spontanées et des toiles à l’image de celle-ci, titrée New Arrivals et exécutée vers 1922-1925. On y voit cinq silhouettes longilignes de dos, quatre femmes et une jeune enfant, chacune vêtue d’un manteau d’une seule couleur, glisser sur un fond quasiment uniforme d’un gris velouté. Vers qui, vers où ? Ce n’est pas le sujet du peintre : elles sont pour lui un prétexte pictural, posées sur la grève comme les notes sur une partition musicale, la structurant et lui donnant toute sa saveur. «La peinture est le plus beau des mensonges», aimait-il à dire. Ces années 1920 sont celles de tous les succès, celles où, installé villa Saïd, dans le très chic 16e arrondissement de Paris, Van Dongen s’offre le luxe d’ouvrir une galerie de présentation de ses œuvres au sein même de son hôtel particulier. On aperçoit d’ailleurs sur une photo d’époque le tableau des passantes de Deauville. En 1926, l’artiste est décoré de la Légion d’honneur et trois ans plus tard, les peintures de celui qui vient d’obtenir la nationalité française intègrent les collections nationales. Deux autres tableaux illustraient le chapitre des modernes : un Effet de neige, bord de l’Yonne (46 54,5 cm) peint en 1906 par un Francis Picabia (1879-1953) encore impressionniste, une toile de saison jouant des camaïeux de blanc, de rose et de vert d’eau (44 450 €), ainsi qu’un Marché à Pont-Aven (46 54,5 cm), brossé en 1886 par un Émile Bernard (1868-1941) à l’aube de sa métamorphose artistique (53 340 €).

mercredi 11 décembre 2019 - 14:00 (CET) - Live
Salle 6 - Hôtel Drouot - 75009
Beaussant Lefèvre & Associés
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