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Les objets magiques d’Ettore Sottsass au Centre Pompidou

Publié le , par Virginie Huet

Il y a du spirituel dans l’art d’Ettore Sottsass (1917-2007), architecte, designer et écrivain italien dont le style géométrique à la palette pop aura marqué son temps. La « pensée magique » de cet esprit rebelle circule au Centre Pompidou, où défilent pas moins de 400 dessins, peintures, meubles, céramiques, bijoux, mais...

Ettore Sottsass, Maquette spatiale, 1946-1947, objet-sculpture, tôle, fil métallique,... Les objets magiques d’Ettore Sottsass au Centre Pompidou
Ettore Sottsass, Maquette spatiale, 1946-1947, objet-sculpture, tôle, fil métallique, bois, 53,3 17 18,5 cm.
© Adagp, Paris 2021 © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Georges Meguerditchian/Dist. RMN-GP

Il y a du spirituel dans l’art d’Ettore Sottsass (1917-2007), architecte, designer et écrivain italien dont le style géométrique à la palette pop aura marqué son temps. La « pensée magique » de cet esprit rebelle circule au Centre Pompidou, où défilent pas moins de 400 dessins, peintures, meubles, céramiques, bijoux, mais encore 500 photographies et 200 carnets ou agendas sortis des archives de la bibliothèque Kandinsky. Pléthorique, l’exposition puise dans le très riche fonds du musée – le plus grand en Europe dédié à l’artiste – et retrace quarante ans de création hors sol, de la Maquette spatiale en tôle, métal et bois (1946-1947) au buffet Beverly (1981) en multiplis et laminé. Lancés corps et âmes dans l’espace, alternant courbes et arêtes, ces objets de désir, parties d’un tout cosmique, « accomplissent une sorte d’action thérapeutique ». Il conviendrait d’ailleurs plutôt de parler de fétiches, tant Sottsass se fait du design une haute idée : l’usage comme la fonction sont accessoires dans sa pratique votive, commencée « là où finissent les processus rationnels », soit nettement au-dessus de la loi du marché. Le gourou de Memphis, éternel nomade, se moque de « donner forme à un produit plus ou moins stupide pour une industrie plus ou moins luxueuse ». Il veut « édifier une utopie figurative » et « débattre de la vie ». De la mort aussi, comme en témoignent ses Céramiques des ténèbres (1963), moulées en mémoire d’une grave maladie, ou son Drapeau de la mort (1940-1950), flottant en fin de parcours, au bout d’un long couloir stratifié criblé de motifs éponge. Le « sens du construire » est une quête qui le mène loin, jusqu’en Inde qu’il sillonne en 1961, et dont il rapporte quantité de films 16 mm jouant près de ses Superbox (1966), prototypes d’armoires pour Poltronova aux allures de temple. Ce pays, ses couleurs et ses rites laisseront sur lui une empreinte indélébile. À preuve, les autels en céramique et mandalas en néon peuplant son Paysage pour une nouvelle planète au Nationalmuseum de Stockholm en 1969, l’année même où il signe Valentine pour la firme Olivetti, une machine à écrire portative au rouge incendiaire, aussitôt sacrée icône.
 

Centre Pompidou, place Georges-Pompidou,
Paris 
IV
e, tél. : 01 44 78 12 33,
Jusqu’au 3 janvier 2022.
www.centrepompidou.fr
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