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Les mystères de la forêt par Turpin de Crissé

Publié le , par Caroline Legrand

Le comte Turpin de Crissé délaisse un temps les ruines antiques pour nous convier en forêt de Fontainebleau à assister en secret à une scène de sabbat… les curieux seront servis !

Lancelot-Théodore Turpin de Crissé (1782-1859), Scène de sabbat, 1841, huile sur... Les mystères de la forêt par Turpin de Crissé
Lancelot-Théodore Turpin de Crissé (1782-1859), Scène de sabbat, 1841, huile sur toile, 98 130 cm.
Estimation : 50 000/60 000 €

À l’instar de la peinture du XIXe siècle, Lancelot-Théodore Turpin de Crissé a vu sa cote bondir ces dernières années. Au fil des ventes, mais aussi des expositions – notamment aux musée des beaux-arts d’Angers, auquel il légua la plus grande partie de sa collection à sa mort –, l’on découvre le travail de cet artiste fortement marqué par l’Italie et ses paysages de ruines antiques, mais qui s’intéresse également à d’autres courants picturaux. Un peintre qui mérite donc d’être mieux connu. Gageons que ce tableau y contribuera. Daté 1841, on a pu le voir lors de l’exposition «Lancelot-Théodore Turpin de Crissé» au musée des beaux-arts d’Angers en 2006-2007 (n° 67 du catalogue). D’un format conséquent, il révèle une scène de sorcellerie ou de sabbat dans la forêt de Fontainebleau, devant de majestueux chênes dont l’un a la cime cassée, certainement frappée par la foudre. Entre ombre et lumière, cette scène se déroule au clair de lune, autour d’un feu ; un hibou est posé sur le chaudron en ébullition tandis qu’un chat et deux loups sont également visibles près des personnages. Ces derniers semblent écouter la lecture effectuée par une vieille dame ; une femme arrive en courant et une autre, accompagnée d’un corbeau, écoute, allongée sur un rocher. Il s’agirait d’Adèle, l’épouse de l’artiste qui lui a aussi servi de modèle. On perçoit dans la composition l’influence des peintres romantiques sur le travail de Turpin de Crissé. La thématique du sabbat fut ainsi particulièrement appréciée de ces artistes, notamment d’Eugène Delacroix, dont une Scène de sabbat est conservée au Kunstmuseum de Bâle. Par ailleurs, le peintre nous emmène au cœur de la forêt de Fontainebleau en 1841, époque où l’école de Barbizon est en plein essor grâce à Camille Corot ou encore à Narcisse Diaz de la Peña. Bien loin des architectures antiques qui l’ont séduit dès 1807, à la fin de ses études à Rome, cette forêt sombre et mystérieuse témoigne aussi d’un Turpin de Crissé sur le nouveau chemin du paysage naturaliste.

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