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Les mille et une facettes de l’Empire

Publié le , par Sophie Reyssat
Vente le 09 novembre 2021 - 10:30 (CET) - 9-11, rue Royale - 77300 Fontainebleau

Un cortège d’œuvres d’art défile pour faire le récit de l’histoire napoléonienne, porcelaines en tête.

Sèvres, 1808, assiette à dessert du service particulier de l’Empereur, dit «service... Les mille et une facettes de l’Empire
Sèvres, 1808, assiette à dessert du service particulier de l’Empereur, dit «service des quartiers généraux», représentant la fête sur le mont Saint-Bernard à l’occasion des funérailles du général Desaix, aile à fond vert de chrome décoré en or d’une frise de glaives reliés par une guirlandes de feuilles de laurier et alternées d’étoiles, signée Swebach, diam. 23,2 cm.
Estimation : 140 000/180 000 Adjugée : 350 000 €

À la suite des livres et des autographes, présentés le lundi 8, deux jours de ventes poursuivent l’évocation de l’Empire avec les objets d’art et les souvenirs historiques. Les porcelaines auront la part belle, une cinquantaine de lots formant un bel ensemble de pièces de Sèvres, Dagoty, Paris et Bruxelles. Cette assiette intéressera les collectionneurs à plus d’un titre. Appartenant au service particulier de Napoléon – livré aux Tuileries en 1810 –, elle a vu sa marque de la manufacture impériale de Sèvres effacée lors de la première Restauration de 1814, et remplacée par le chiffre de Louis XVIII, deux «L» entrelacés gravés et rehaussés en noir. C’est aussi à cette époque qu’elle a gagné le numéro 42. Retrouvant son service à l’occasion des Cent-Jours, l’Empereur l’emporta ensuite en exil à Sainte-Hélène. Montrant des officiers descendant du mont Saint-Bernard, certains en luge, le décor de cette assiette est des plus originaux : il évoque les funérailles du général Desaix, qui permit de remporter la victoire à Marengo en décidant de traverser les Alpes par cette montagne plutôt que par le mont Cenis. Le héros perdit la vie pendant la bataille, et Napoléon décida de lui édifier un tombeau dans la chapelle de l’hospice du Grand-Saint-Bernard. Dominique-Vivant Denon, chargé du projet des cérémonies, est à l’origine du dessin dont s’est inspiré le peintre Jacques François Joseph Swebach pour cette assiette. D’autres porcelaines évoqueront l’histoire, comme une rare tasse litron «Fragonard» de Sèvres, dont le décor a sans doute été réalisé en mars 1815, au retour de l’Empereur. Coiffé d’une couronne de lauriers, son portrait en médaillon sur fond or, encadré par le monogramme «N» cerné de palmettes sur fond vert de chrome, surmonte l’inscription «Napoléon le Grand», tandis que la soucoupe est centrée de l’inscription «valeur et discipline» (8 000/12 000 €).
 

Il a fallu au moins douze feuilles jointes marouflées sur toile pour représenter, à taille d’exécution (210 x 183 cm), une fastueuse coiff
Il a fallu au moins douze feuilles jointes marouflées sur toile pour représenter, à taille d’exécution (210 183 cm), une fastueuse coiffeuse avec miroir, et son tabouret, offerte par la ville de Paris à Marie-Louise pour son mariage avec Napoléon, en 1810. Adrien-Louis-Marie Cavelier (1785-1867) est l’auteur de ce dessin d’après Pierre-Paul Prud’hon, provenant de la collection Odiot. La future impératrice est représentée en Flore, entourée de putti figurant les arts et les sciences, sur le meuble de vermeil et de lapis-lazuli, exécuté par Odiot et Thomire. Le souvenir de cette pièce hors du commun revivra autour de 70 000 € le mardi 9, la coiffeuse ayant été fondue en 1832 à la demande de sa détentrice, pour venir en aide aux victimes du choléra.
Le mercredi 10 dispersera notamment une centaine de pièces appartenant à la collection de Franceschini Pietri (1835-1915), secrétaire part
Le mercredi 10 dispersera notamment une centaine de pièces appartenant à la collection de Franceschini Pietri (1835-1915), secrétaire particulier de Napoléon III (M. Dey, expert). La pièce phare, proposée autour de 25 000 €, sera ce Portrait de l’Impératrice Eugénie en manteau rouge à col de fourrure, portant sur ses genoux le prince impérial (116 84 cm). La toile a été peinte en 1857 par Charles-Édouard Boutibonne (1816-1897) d’après Franz Winterhalter, dont il a été l’élève.
Ce peintre d’histoire, de scènes de genre et de portraits, concentre l’attention sur la mère et son enfant avec un cadrage ovale resserré, l’œuvre initiale les mettant en scène assis dans une pièce largement ouverte sur le ciel. Ce tableau figurait dans la collection privée de l’Impératrice. Adjugé : 31 250 €

Cette boîte à dragées en or (9 x 6,5 x 2,2 cm) accompagne un ensemble de bijoux de la famille impériale, ayant notamment appartenu aux imp
Cette boîte à dragées en or (9 6,5 2,2 cm) accompagne un ensemble de bijoux de la famille impériale, ayant notamment appartenu aux impératrices Joséphine, Marie-Louise et Eugénie. Fabriquée vers 1810, cette rareté arbore le chiffre de la deuxième, orné de roses sur fond émaillé bleu, tel qu’il peut apparaître sur certaines montres de présent fabriquées par Nitot. Ce bel objet, qui aurait été offert par Napoléon à son épouse lors de son arrivée en France, est effectivement signé par le joaillier bijoutier ordinaire de l’impératrice, et porte le poinçon d’orfèvre d’Étienne-Lucien Blerzy. Les côtés et le fond de la boîte s’ornent de paysages émaillés. Elle sera proposée le mardi 9, autour de 50 000 € (M. Dey, expert).
Présentée le mardi 9 novembre, autour de 50 000 €, cette feuille (13 x 18 cm, M. Dey, expert) est historique. Il s’agit en effet d’un proj
Présentée le mardi 9 novembre, autour de 50 000 €, cette feuille (13 18 cm, M. Dey, expert) est historique. Il s’agit en effet d’un projet d’insigne pour la plus haute distinction nationale, la Légion d’honneur, attribué à Jacques-Louis David et à son atelier. Le dessin à la plume, lavé d’encre de Chine et assorti de quelques rehauts de gouache, montre la fameuse étoile à cinq rayons doubles, couronnée de chêne et de laurier. La tête non laurée de Bonaparte, légendée «Napoléon Empereur des Français» figure au centre, et une inscription indique que le dessin a été «présenté à S. M. le 1er mai 1804.
Le 18 de ce mois, le consul montait sur le trône impérial, et dès le 5 juillet, le nouvel Empereur distribuait plusieurs centaines d’insignes aux Invalides.
mardi 09 novembre 2021 - 10:30 (CET) - Live
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