Les marbres de Torlonia. Collectionner les chefs-d’œuvre

Le 15 juin 2021, par Zaha Redman
Jeune fille de Vulci, marbre, h. 70 cm.
© Fondazione Torlonia - Photo Lorenzo De Masi

Constituée au cours du XIXe siècle, cette grande collection privée de marbres antiques comprend des pièces exceptionnelles, dont certaines reproduites par Raphaël. Descendants d’un immigré auvergnat d’abord commerçant en textile puis banquier, Giovanni (1754-1829) puis Alessandro Torlonia (1800-1886) étaient banquiers de jour, ducs de Bracciano la nuit, «nuit» signifiant «fêtes somptueuses». Il s’agit ici, outre une sélection unique d’une centaine de pièces parmi un fonds de plus de six cents œuvres, de l’histoire d’une «collection de collections», c’est-à-dire de l’émergence d’un ensemble issu d’autres plus anciens, démembrés, vendus, légués, mais aussi d’une politique de participation aux fouilles du XIXe siècle. Réunis dans un parcours exemplaire, ces marbres classiques apparaissent, aujourd’hui encore plus que par le passé, comme une fulgurance historique et culturelle. Les deux visages de la sculpture romaine y sont parfaitement lisibles, l’un réaliste, n’esquivant pas la laideur ou l’anecdote, l’autre idéalisant, héritier de la tradition grecque. La présence de quelques copies du XVIIe siècle ajoute une perspective intéressante, esthétique et comparative. Première collection privée ouverte au public romain, le fonds Torlonia a été catalogué et articulé très tôt pour un accès raisonné, didactique et scientifique. Parfaitement exposées et mises en scène, dans une relative intimité, ces sculptures suscitent néanmoins une interrogation : soumises à des spots – par ailleurs très bien réglés – et non à la lumière naturelle, ne sont-elles pas un peu infléchies ?

Musei Capitolini,
villa Caffarelli, piazza del Campidoglio, Rome, tél. : 060608

Jusqu’au 29 juin 2021.
www.museicapitolini.org
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