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Les incroyables bijoux de la princesse Demidoff

Publié le , par Philippe Dufour

Placée sous le signe de la haute joaillerie, cette vacation varoise faisait revivre un couple flamboyant de l’entre-deux-guerres, à qui ont appartenu quatre pièces d’exception.

Travail français. Broche à transformation en or de deux tons, ornée en son centre... Les incroyables bijoux de la princesse Demidoff
Travail français. Broche à transformation en or de deux tons, ornée en son centre d’un saphir coussin d’environ 6,90 ct, Cachemire, non chauffé, dans un entourage de trente-sept diamants taille ancienne, le tout surmonté d’une perle fine d’eau de mer.
Adjugé : 400 000 

En 1917, le comte Foulques de Baillardel de Lareinty de Tholozan (1895-1944) épouse en Russie la princesse Zénaïde Pavlona Demidoff (1899-1981). Fuyant la révolution d’Octobre, ils s’installent à Paris, où commence une vie des plus mondaines ; puis le couple s’installe au château du Lac, à Sigean près de Narbonne, où ils donnent fêtes et grands dîners pour leurs invités parisiens ou tsaristes exilés. La princesse Demidoff portait à l’occasion les bijoux qui ont été proposés lors de la vente, et provenant du comte. Le plus spectaculaire d’entre eux est cette broche à transformation en or de deux tons, centrée d’un saphir coussin d’environ 6,90 ct, dans un entourage de trente-sept diamants de taille ancienne, le tout surmonté d’une perle fine d’eau de mer (voir l'article Luxe et décadence au château du Lac de la Gazette n° 21, page 116). Ce travail français (poids brut : 19,82 g) met en valeur un véritable saphir du Cachemire, non chauffé (1,28 0,91 0,55 cm), l’un des atouts de cet ornement qui s’est envolé jusqu’à 400 000 € à partir d’une estimation haute de 80 000 €. Les rubis n’étaient pas oubliés dans l’écrin de la princesse, comme en témoignaient deux pièces de choix. D’abord, une bague en or gris sommée d’une gemme de 8,20 ct environ, épaulée de diamants de 0,70 ct chacun (poids brut : 6,16 g) ; précisons qu’il s’agissait naturellement d’un rubis birman non chauffé, sans doute d’un gisement de la région de Mogok. En raison de cette rareté, la pièce a été ferraillée jusqu’à 268 750 €. On pouvait la compléter, en échange de 21 250 €, par une éblouissante broche-barette en or et argent formant cinq étoiles ornées de cinq rubis cabochon, entourés de soixante-dix-huit diamants de taille ancienne ; ces pierres — elles aussi de Birmanie et non chauffées – s’échelonnent de 1,20 ct à 2,30 ct (poids brut : 19,52 g). Enfin, contre 23 125 €, on passait au poignet un très original bracelet jonc, en «toi et moi», en or jaune agrémenté d’un diamant de taille ancienne d’environ 2 ct et d’un saphir en pain de sucre, tous deux alternés de lignes de roses et saphirs calibrés (poids brut : 53,98 g).

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