Gazette Drouot logo print

Les fleurons d’une collection

Publié le , par Claire Papon et Sophie Reyssat
Vente le 29 novembre 2022 - 14:00 (CET) - Salle 1-7 - Hôtel Drouot - 75009

À défaut d’en savoir plus sur ce collectionneur parisien, mettons en lumière quelques points forts d’un ensemble alliant qualité et diversité.

Francisco José de Goya y Lucientes (1746-1828) dit Francisco de Goya, La femme demande... Les fleurons d’une collection
Francisco José de Goya y Lucientes (1746-1828) dit Francisco de Goya, La femme demande des comptes au mari et La Tante Chorriones allume le feu, dessin recto verso au lavis de sépia titré à la plume, 23 14 cm.
Estimation : 800 000/1,2 M€

Trois enchères à sept chiffres pourraient être prononcées : l’une à hauteur de 1,5/2,5 M€ sur un sujet allégorique de Lucas Cranach le Jeune ayant fait partie de la collection du prince Demidoff, Vénus et l’Amour voleur de miel (voir l'article La Vénus de Cranach le Jeune : la morale derrière les plaisirs de la Gazette n° 38, page  8), la deuxième autour de 2/3 M€ sur une Vierge à l’Enfant en terre cuite du sculpteur tourangeau Michel Colombe (voir l'article Un chef-d’œuvre Renaissance en terre cuite de Michel Colombe de la Gazette n° 41, page 24). Face à ces deux œuvres, un dessin de Francisco de Goya compte aussi se distinguer : c’est une feuille recto verso peinte en lavis de sépia ayant fait partie de l’album B (voir photo). Commencé en 1796 à Sanlúcar de Barrameda, près de Cadix, où l’artiste est invité par la duchesse d’Albe, ce recueil satirique, composé d’une centaine de scènes numérotées et légendées, est terminé l’année suivante à Madrid. À la mort de l’artiste, en 1828, son fils Javier hérite des Albums privés et en transmet la grande partie à sa descendance. Vendus au peintre Federico de Madrazo, ils sont montés en trois volumes et cédés pour certaines feuilles isolées, à des amateurs et lors d’une vente publique anonyme à Paris, en 1877. Cinq feuilles sont conservées au musée du Prado. Poursuivons avec une toile de Hendrick Mommers (Vue de la Seine depuis le Pont-Neuf, vers 1669, 30 000/50 000 €), un Trophée de chasse dans une niche signé Alexandre François Desportes et daté 1706 (60 000/80 000 €). Notons aussi un album de 30 dessins (pierre noire et sépia) de Moreau le Jeune, de sujets variés et souvent fort galants, destinés à l’édition de Kehl de La Pucelle d’Orléans de Voltaire, portant les ex-libris des bibliophiles Henri Beraldi et Raphaël Esmérian (80 000/120 000 €). Ou encore un Cheval cabré, en bronze à patine brune (XVIIe-XVIIIe siècle), réalisé d’après un modèle de Jean de Bologne et Pietro Tacca (40 000/60 000 €), une commode en noyer de la vallée du Rhône (milieu du XVIIIe, 8 000/12 000 €), une portière dite «des Renommées», tissée à la manufacture des Gobelins au XVIIIe, d’après un modèle dessiné en 1659-1660 par Charles Le Brun, pour le château de Vaux-le-Vicomte (30 000/50 000 €).

 

 
C’est à Naples, au XVIIIe siècle, que ce coffret à jeu en écaille piqué d’or et de nacre à décor de paysage, obélisque et personnages, comprenant quatre boîtes et jetons, a vu le jour (5 18,5 14 cm). D’un grand raffinement, ce procédé d’incrustation en or et en argent sur l’écaille est perfectionné durant le premier tiers du XVIIIe en France, en Allemagne, en Hollande et en Italie, Naples, portant à l’apogée ces «brodés» consistant à déposer des fils de métal précieux et de nacre sur de l’écaille chauffée ou piquée de trous. Les ateliers de Giuseppe et Gennaro Sarao et d’Antonio de Laurentiis se distinguèrent tout particulièrement, qui reçurent des commandes royales. Pour notre objet, la mise se situe entre 12 000 et 18 000 
 
C’est à Alexis-Nicolas Pérignon (1726-1782) que l’on doit cette Vue de la place de la Concorde à la gouache (30 53 cm) estimée 40 000/60 000 €. Aquarelliste fécond, l’artiste nancéien laisse des vues de ses voyages en Hollande, en Italie, en Suisse et en France. Parmi ces dernières, ce panorama exécuté vers 1780, avant la construction du pont, montre la nouvelle place Louis XV –  terminée en 1772 et ponctuée d’une statue équestre du roi sculptée par Bouchardon, achevée par Pigalle. Ce n’est qu’en 1791 que les travaux du pont prendront fin, le démantèlement de la Bastille fournissant au chantier des pierres en quantité. La statue de Louis XV sera quant à elle envoyée à la fonte…
 
Réalisée à la fin du XVIIIe ou au début du siècle suivant, cette pendule-cage à oiseaux en bronze ciselé doré, tôle laquée et fleurs en porcelaine est attribuée à l’horloger de La Chaux-de-Fonds Pierre Jaquet-Droz (1721-1790) ou à ses fils. Ses signes distinctifs ? la forme octogonale, les pieds en forme de patte d’oiseau, les colonnettes surmontées de vases. Imitant le rocher aux automates du château de Lunéville de Stanislas Leszczynski, les automates et autres oiseaux chanteurs restent prisés des cours européennes. Ici, deux d'entre eux battent des ailes et sifflent autour d’une fontaine en verre, actionnée par un mécanisme donnant ainsi l’illusion du cours de l’eau, pour lesquels il conviendra d’enchérir à hauteur de 20 000/30 000 
 
Prévoyez 30 000/50 000 € pour ces deux vases bouteille (h. 38,6 et 39 cm) pouvant former paire en porcelaine décorée en bleu de fleurs de lotus et de pivoines, frises de ruyi, fleurs et feuilles de bananiers, vagues écumantes et lambrequins. Exécutés sous le règne de Guangxu (1875-1908), dont ils portent la marque à six caractères en kaishu, ils reprennent le style des porcelaines Ming du XVe siècle, et notamment l’effet heaping and piling. Comprenez des pigments de cobalt – importés probablement, et pour partie du Moyen-Orient –, riches en fer, donnant des taches bleu foncé à certains endroits. Nos vases sont restés dans la descendance de Henry, comte Okelly, commissaire des Douanes britanniques arrivé en Chine en 1898.


 

mardi 29 novembre 2022 - 14:00 (CET) - Live
Salle 1-7 - Hôtel Drouot - 75009
Auction Art Rémy Le Fur & Associés
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 2 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne