Les enfants de la Renaissance au château royal de Blois

Le 13 juin 2019, par Anne Doridou-Heim
Entourage de Daniel Dumonstier (1574-1646), Portrait d’enfant, pierre noire, sanguine et rehauts de craie blanche, 13,3 11,2 cm.
© MBA Rennes. Dis. RMN-Grand Palais/JM Salingue

Faisait-il bon être un enfant à la Renaissance ? Le sujet n’avait jamais été traité avant que le château royal de Blois, ancienne pouponnière des fils et filles de France, ne le mette en scène avec force documents d’époque. Transversale, l’exposition évolue entre art, histoire et sociologie dès les premières salles, où l’évocation de la naissance est immédiatement associée à celle d’une mortalité effrayante, rappelant les propos de l’historien Pierre Goubert (1915-2012) : «Pour faire un adulte, il faut alors deux enfants». Tout l’univers de ce jeune âge est évoqué : chevrettes en céramique pour le sevrage, traités médicaux et notamment Le Jardin des roses (Der Swangern Frauwen vnd Hebammen Rosengarten), ouvrage d’Eucharius Rösslin imprimé en 1513 et dans lequel il est pour la première fois question de puériculture et d’obstétrique , hochets en argent, pots à bouillie, dessins non dénués d’humour et tableaux montrant des enfants dans leur quotidien. Les plus jeunes à 7 ou 8 ans, l’innocence devait s’effacer au profit de l’apprentissage de la vie d’adulte avaient des jouets, dînettes en poterie et soldats de plomb ressemblant étrangement à ceux d’aujourd’hui et qui n’étaient pas genrés ! La progéniture d’Henri II et Catherine de Médicis occupe le dernier espace. Enjeux dynastiques obligent, il y est question d’éducation et d’étiquette un document de 1551 atteste que 247 serviteurs étaient à leur service , peu de présence maternelle… La reine est néanmoins montrée sous un jour plus souriant que celui habituellement dépeint. Obligée d’accompagner son époux sur les routes du royaume, elle écrivait régulièrement pour demander des nouvelles et commander de nombreux «crayons», saisissant ses petits dans toute la spontanéité de leur jeune âge. L’excellent catalogue (In Fine éditions d’art) prolonge et approfondit cette passionnante visite.

Château royal de Blois, tél. : 02 54 90 33 33.
Jusqu’au 1er septembre 2019.
www.chateaudeblois.fr
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