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Les ducs de Bourgogne en mode troubadour à Brou

Publié le , par Anne Doridou-Heim

L’idée de cette exposition était séduisante et sa réalisation constitue une réussite : on en sort conquis par les histoires d’amour, guerre et beauté d’une dynastie aussi brillante qu’effrayante. Il y est question de passion, trahison, rébellion, séduction, dévotion et de meurtres aussi, le tout dans un seul but avoué :...

Sophie Rude (1797-1867), La Duchesse de Bourgogne (Isabelle du Portugal) arrêtée... Les ducs de Bourgogne en mode troubadour à Brou
Sophie Rude (1797-1867), La Duchesse de Bourgogne (Isabelle du Portugal) arrêtée aux portes de Bruges, 1841.
© Musée des beaux-arts de Dijon, François Jay

L’idée de cette exposition était séduisante et sa réalisation constitue une réussite : on en sort conquis par les histoires d’amour, guerre et beauté d’une dynastie aussi brillante qu’effrayante. Il y est question de passion, trahison, rébellion, séduction, dévotion et de meurtres aussi, le tout dans un seul but avoué : le pouvoir. Les ducs de Bourgogne à la mode troubadour sont ici comme chez eux. On comprend que les peintres du XIXe siècle, en pleine fougue romantique, se soient emparés de cette épopée médiévale plus incroyable que n’importe quelle fiction, riche de tous les rebondissements nécessaires à un long feuilleton depuis le mariage de Philippe le Hardi avec Marguerite de Flandre. C’est ce qui est ici mis en images par des artistes souvent belges ou hollandais – Anton Petter, Barend Wijnveld, Karel Bombled, Louis Riquier ou encore Willem Geets –, chacun y voyant un écho aux ambitions nationales du jeune État belge. Alors bien sûr, ils prennent de grandes libertés avec la réalité historique. La veine « historiciste » renforce les ambiances dramatiques par l’usage de couleurs sombres rehaussées de rouge évoquant le sang et la violence, mais l’impression est parfaite. On frissonne devant le cadavre de Jean Sans Peur retrouvé mort après la bataille de Nancy, on tremble pour La Duchesse de Bourgogne arrêtée aux portes de Bruges, on a envie de croire à la sincérité de La Rencontre de Maximilien Ier de Habsbourg et Marie de Bourgogne à Gand en 1477, et on s’attendrit devant la touchante Réconciliation de Philippe le Bon et Jacqueline de Bavière. Marguerite d’Autriche, la dame des lieux, y apparaît à quelques reprises, notamment lors d’un spectacle de marionnettes donné pour des enfants, dont son neveu, le futur Charles Quint, peint par Willem Geets. Un instantané de cour improbable, mais tellement romanesque...

Monastère royal de Brou,
63, boulevard de Brou, Bourg-en-Bresse (01), tél. 
: 04 74 22 83 83,
Jusqu’au 26 juin 2022.
www.monastere-de-brou.fr
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