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Les chefs-d’œuvre de Louis XIV au musée de Picardie

Publié le , par Sarah Hugounenq

La fougue de l’ange, le réalisme de la pilosité, la tortuosité des drapés ou la stylisation des attributs animaliers : le génie de Valentin de Boulogne dépeignant les quatre Évangélistes s’expose pour la première fois à hauteur d’yeux. Depuis le XVIIe siècle, ils trônaient à six mètres de hauteur avec Les Deniers de César,...

Valentin de Boulogne (1591-1632), Agar et l’ange. © Château de Versailles, Dist.... Les chefs-d’œuvre de Louis XIV au musée de Picardie
Valentin de Boulogne (1591-1632), Agar et l’ange.
© Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais / Christophe Fouin

La fougue de l’ange, le réalisme de la pilosité, la tortuosité des drapés ou la stylisation des attributs animaliers : le génie de Valentin de Boulogne dépeignant les quatre Évangélistes s’expose pour la première fois à hauteur d’yeux. Depuis le XVIIe siècle, ils trônaient à six mètres de hauteur avec Les Deniers de César, du même auteur, dans les attiques de la Chambre du Roi, à Versailles, dont la restauration débutera en janvier prochain. Grâce à un jeu de négociations entre conservateurs, six toiles font le voyage au musée des beaux-arts d’Amiens, en échange du prêt de la série des Chasses exotiques de Louis XV. La discrétion des cimaises couleur anthracite transforme la vision de ces morceaux de bravoure. D’ordinaire, ils dialoguent avec des pilastres dorés, un brocard rocaille d’or et d’argent, et la grandiloquente France triomphante veillant au sommeil du Roi en stuc doré de Nicolas Coustou. Cet ensemble décoratif date de 1701, quand le monarque décida d’installer sa chambre au centre exact du système versaillais. « La question du goût du Roi se pose, glisse Béatrice Sarrazin, co-commissaire de l’exposition. Il semble manifeste, au regard de son implication dans l’aménagement de la pièce, qu’il ait eu un choix clair sur les peintures. » Avec cinq toiles sur onze, la puissance de Valentin de Boulogne triomphe, rappelant l’importance qu’avait le maître caravagesque. Les six autres toiles n’ont pas fait le voyage en Picardie, où l’exposition se concentre, comme l’indique son titre, sur les « chefs-d’œuvre ». Quatre portraits en médaillon, à l’époque attribués à Van Dyck, au Dominiquin et à Caracciolo, se sont avérés de pâles imitations, tandis que la fougue du Saint Jean à Patmos de Francucci da Imola, n’a d’équivalent que la faiblesse de sa facture. En revanche, Agar et l’ange de Giovanni Lanfranco, retiré de la Chambre en 1701 avant d’y revenir en 1949, participe de la présentation amiénoise. Par effet de contraste, il met en valeur l’infinie puissance picturale de Valentin.

Musée de Picardie,
2, rue Puvis-de-Chavannes, Amiens (80), tél. 
: 03 22 97 14 00.
Jusqu’au 26 février 2023.
www.museedepicardie.fr
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