Les bleus à l’art de Simon Hantaï

Le 10 juin 2021, par Anne Doridou-Heim

Parmi les différents axes de cette vacation classique, la palme revenait à Simon Hantaï et Turpin de Crissé.

Simon Hantaï (1922-2008), Catamurons, 1963, huile sur toile, 95,5 71 cm.
Adjugé : 176 400 

© Archives Simon Hantaï / Adagp, Paris, 2021

Au début des années 1960 – entre 1963 et 1965 plus exactement –, Simon Hantaï initie une nouvelle série. Il la nomme «Catamurons» en souvenir d’une maison de vacances louée à Varengeville, en Normandie. Une toile en relevant apparaissait dans cette vente, datée 1963 et conçue à partir d’un «pliage qui n’occupe que la partie centrale de la toile», selon les mots mêmes de l'artiste. Le rectangle central, soumis plusieurs fois à l’opération, a reçu de nombreuses applications superposées jouant des bleus. Cela donne cet effet vibrant et un résultat de 176 400 €. Hantaï n’est pas si fréquent à Drouot… Aussi ne fallait-il pas bouder son plaisir devant cette toile – qui plus est provenant de la galerie Jean Fournier – de l’artiste d’origine hongroise, venu en France à l’été 1949, considéré comme une figure majeure de l’abstraction de la seconde moitié du XXe siècle. Les années 1950 sont d’ailleurs celles des expérimentations. Entre pochoirs, découpages, collages, grattages, empreintes, frottages, froissages, coulures et bien sûr pliages, il jongle avec tout. Cette œuvre multiforme est néanmoins marquée par l’utilisation du «pliage comme méthode», lequel deviendra la norme dès 1960. «Quand je plie, je suis objectif et cela me permet de me perdre», disait-il. Huit séries vont se succéder entre 1960 et 1982, chacune correspondant à un procédé différent. Sans aucune transition – ni aucune relation – était également accrochée une toile de Lancelot-Théodore Turpin de Crissé (1782-1859). Le Berger et la mer (48,5 41 cm) a été exécuté en 1827 et présenté au Salon de la même année. Il illustre le style élégant et maîtrisé d’un peintre marqué par une sorte de réminiscence arcadienne et une passion dévorante pour l’Italie – il y séjourne trois fois entre 1816 et 1829. Ce jeune solitaire assis sur son rocher acceptait un résultat de 56 700 €. Il y avait encore sa Vue d’un petit canal à Venise (40,5 30 cm)… La toile retenait 31 500 €, d’autant que l’on sait que Turpin de Crissé fut nommé à l’Académie des beaux-arts de la Sérénissime en 1829 et que le Louvre possède une peinture de cette année-là offrant une Vue du Palais ducal de Venise.

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