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Les belles heures de la collection Horny : vertu et péché au menu

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 10 décembre 2018 - 15:00 (CET) - Salle 1 - Hôtel Drouot - 75009

Le cabinet de curiosités de Laurent Horny subissait le feu des enchères. C’est l’histoire du goût d’un homme pour le mobilier et les peintures de la Haute Époque, une mode que l’on aurait pu craindre obsolète voir l’«Événement» de la Gazette no 42 du 30 novembre, page 16. Il n’en a rien été, bien au contraire, puisqu’elle...

Attribué à Jaume Serra (documenté à Barcelone de 1358 à 1389/1395), Saint Martin... Les belles heures de la collection Horny : vertu et péché au menu
Attribué à Jaume Serra (documenté à Barcelone de 1358 à 1389/1395), Saint Martin partageant son manteau, peinture à l’œuf sur panneau de bois, 134 x 145,5 cm.
Adjugé : 137 808 €

Le cabinet de curiosités de Laurent Horny subissait le feu des enchères. C’est l’histoire du goût d’un homme pour le mobilier et les peintures de la Haute Époque, une mode que l’on aurait pu craindre obsolète voir l’«Événement» de la Gazette no 42 du 30 novembre, page 16. Il n’en a rien été, bien au contraire, puisqu’elle séduisait visiblement de nombreux collectionneurs et s’achevait sur un produit totale de 1,1 M€. À commencer par les amateurs de peinture primitive. Ils étaient plusieurs à se disputer, avant que l’un ne l’emporte finalement à 137 808 € soit à près de cinq fois l’estima-tion , un panneau de bois attribué à l’artiste barcelonais Jaume Serra (actif de 1358 à 1389/1395). Son sujet ? Saint Martin partageant son manteau, une scène extraite de La Légende dorée de Jacques de Voragine (vers 1228-1298). Les frères Serra Francesc, Jaume et Pere dirigeaient un atelier fécond en Catalogne, travaillant à l’exécution de nombreuses commandes de retables pour des institutions religieuses et des particuliers. Un idéal d’humanisme déjà assimilé à Sienne s’y faisait sentir. L’ensemble dégage beaucoup de calme et de piété, à la différence de la sculpture polychrome sur bois (détail reproduit, page de gauche) attribuée à un autre artiste espagnol, de Castille celui-là, Alonso Berruguete (1489-1561). Elle représente en effet l’un des sept péchés capitaux tels que définis par saint Thomas d’Aquin (1225-1274). Une œuvre à la présence très forte qui avait captivé en son temps Jean Cocteau. Elle n’en a rien perdu et cette fois, frappait un esprit éclairé à 48 488 €. Berruguete est considéré comme l’un des plus importants sculpteurs de la Renaissance en Espagne, formé auprès de son père et parfait en Italie, aux côtés des grands maîtres de Florence. Sa manière tout à fait personnelle de traduire le modelé des corps et les expressions des personnages lui vaudra d’être nommé peintre et sculpteur de Charles Quint. Dans cette statue, il pousse très loin la puissance dramatique la nervosité et la tension du corps émacié de cette femme tiraillée sont palpables. C’est le chemin très personnel qu’il emprunte en deuxième partie de carrière. Aux côtés de ces deux pièces d’exception, l’huile sur toile du Néerlandais Egbert I van Heemskerk (1634-1704 - Voir page 20 de la Gazette no 42) invitait à prendre part à La Kermesse villageoise moyennant 53 592 €, une coupe de Casteldurante peinte d’une Bella de face s’accrochait à 9 570 €, et un plat de Deruta se posait à 17 864 €. Le mobilier n’était pas oublié avec une table de milieu d’époque Louis XIV, marquetée de branchages fleuris et attribuée à Pierre Gole (vers 1620-1684), prenant place à 35 728 €, et un cabinet sur son piétement à décor burgauté de motifs géométriques, perles et étoiles, un travail hispanique probablement mexicain de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle, à 31 900 €.

 

Attribué à Alonso Berruguete (1489-1561), Allégorie de l’envie, sculpture en bois polychrome, h. 113 cm (détail). Adjugé : 48 488 €
Attribué à Alonso Berruguete (1489-1561), Allégorie de l’envie, sculpture en bois polychrome, h. 113 cm (détail).
Adjugé : 48 488 €
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