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Les académiciens : une question de souvenirs

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 04 février 2022 - 13:30 (CET) - Salle 6 - Hôtel Drouot - 75009

Les épées d’académicien ne manquaient pas de tranchant, au milieu de tableaux et autres objets constituant une malle bien remplie.

Début XIXe siècle. Épée d’académicien ayant appartenu à François-Antoine Boissy d’Anglas (1756-1826),... Les académiciens : une question de souvenirs
Début XIXe siècle. Épée d’académicien ayant appartenu à François-Antoine Boissy d’Anglas (1756-1826), monture en argent ciselé en fort relief,
fusée à plaquettes de nacre, garde à une branche ornée de feuillages et d’un mufle de lion, fourreau en cuir noir, l. 
99,5 cm.
Adjugé : 136 960 

L’après-midi s’ouvrait sur les souvenirs d’académicien d’André Damien (1930-2019), un avocat, élu, homme politique et écrivain français dont une partie de la longue carrière était évoquée page 40 de la Gazette n° 4 (voir l'article Les souvenirs d'un académicien). En récompense de ses nombreux talents et actions, il est élu à l’Académie des sciences morales et politiques en 1994, avant d’en devenir président en 2006. C’est le sculpteur et médailleur Raymond Corbin  (1907-2002), ayant lui-même un fauteuil à l’Académie des beaux-arts, qui est sollicité pour réaliser son épée. Il y glisse de nombreux symboles résumant le parcours du récipiendaire, dont la façade du palais Bourbon, une allégorie de la République, un livre ouvert… La pièce à monture d’argent et de vermeil ciselé est fort belle et ne manque pas d’allure, ce qui lui valait de terminer sa course à 5 120 €. L’habit lui étant assorti, comprenant bicorne, veste à basques, gilet et pantalon noir (voir article ci-dessus mentionné), recevait quant à lui 19 200 €, et la plaque de grand-croix de l’ordre de la Légion d’honneur, 4 096 €. Place ensuite à un ensemble d’épées d’académicien. S’il s’agit, on le sait, d’éléments indissociables du rituel codifié de l’Institut pour accueillir chacun de ses membres, elles sont devenues rares comme thème de collection ! Celle de François-Antoine Boissy d’Anglas survolait ses semblables à 136 960 €. Le comte, homme de lettres et politicien ardéchois – il aura traversé tous les régimes de Louis XVI à Charles X –, y était élu le 3 août 1804. Celle du sculpteur Lucien Brasseur (1878-1960), réalisée en acier par Raymond Subes (1891-1970) et d’allure moderniste, partait plus raisonnablement à 12 160 €. Parmi les documents historiques détaillés ensuite apparaissait un souvenir de la captivité de l’Empereur à Sainte-Hélène. Son exemplaire personnel de la Relation anonyme des campagnes de Napoléon Iercontre les coalitions des puissances européennes de 1805 à 1815 – une réunion de textes allemands et français et de cartes et plans gravés et aquarellés publiés à Weimar entre 1807 et 1816 – retenait 20 480 €. Changeons maintenant d’Empire et passons au second ! L’Attaque de fantassins dans une église, guerre de 1870 (142 96 cm) fixée sur toile par l’un des plus célèbres peintres militaires de la fin du XIXe, Alphonse de Neuville (1835-1885), était décrochée à 26 880 € et l’album de 257 photographies ayant appartenu au général Mallard, chef adjoint du protocole lors des voyages du président de la République Armand Fallières (1905-1913), était préempté par les Archives nationales à 1 024 €.

vendredi 04 février 2022 - 13:30 (CET) - Live
Salle 6 - Hôtel Drouot - 75009
Tessier & Sarrou et Associés
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