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L’éphèbe gitan de Gargallo

Le 06 septembre 2018, par Philippe Dufour

Au premier abord, l’alliance de ces deux mots semble avoir été forgée par un surréaliste, mais pour Pablo Gargallo, elle coulait de source... Nourrissant d’un souffle ibérique sa fascination pour les formes de la sculpture grecque antique, l’artiste livre ici l’une de ses plus belles œuvres de la veine classique. Sans surprise,…

L’éphèbe gitan de Gargallo
Pablo Gargallo (1881-1934), Torse de gitan, buste en terre cuite sur socle en bois laqué noir, signé et daté (19)23, h. 68 cm (hors socle).
Adjugé : 65 000 €

Au premier abord, l’alliance de ces deux mots semble avoir été forgée par un surréaliste, mais pour Pablo Gargallo, elle coulait de source... Nourrissant d’un souffle ibérique sa fascination pour les formes de la sculpture grecque antique, l’artiste livre ici l’une de ses plus belles œuvres de la veine classique. Sans surprise, son Torse de gitan, daté de 1923, devenait la vedette d’une session organisée à Saint-Raphaël le vendredi 20 juillet, récompensée par une enchère de 65 000 €, qui doublait largement l’estimation de départ. Comme on l’avait rappelé dans le Zoom régions de la Gazette n° 27, Gargallo a développé simultanément deux lignes stylistiques fait assez rare pour être souligné. La plus célèbre demeure, bien sûr, son art inédit de la sculpture elliptique en métal, qui joue sur les pleins et les vides, faisant de l’Espagnol l’un des pères de la modernité. En hommage particulièrement réussi à l’artiste, une exposition intitulée «Le Vide est plénitude» s’est d’ailleurs ouverte cet été au musée Goya de Castres, et s’y déroule jusqu’au 28 octobre. On peut y admirer quelques-unes de ses créations, dont son Autoportrait, admirable masque découpé, créé en 1927. Mais à la même période, comme un contrepoint indispensable à cette invention libératrice, l’artiste perpétue une statuaire digne de l’âge d’or gréco-romain. Un art qu’il a appris en intégrant dès 1899 l’atelier du sculpteur catalan Eusebi Arnau à Barcelone, qui a su lui insuffler les bases les plus solides. «Ce n’est qu’avec une technique parfaite que l’on possédera la maxime connaissance des mystérieux rendements en la disposition des volumes, plans, surfaces reliefs, dans une composition sculpturale», devait-il confier en guise de testament à la fin de sa brève existence. 

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