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Lenepveu de retour à Angers

Publié le , par Valentin Grivet

Vouloir réhabiliter un peintre académique dont le nom est inconnu du public : le pari n’était pas gagné d’avance. Oubliez vos a priori et soyez curieux. Cette rétrospective consacrée à Jules-Eugène Lenepveu (1819-1898) est passionnante et spectaculaire. Originaire d’Angers, l’artiste a suivi un cursus classique – École...

Jules-Eugène Lenepveu, Portique de l’Académie de France à Rome, 1848, aquarelle,... Lenepveu de retour à Angers
Jules-Eugène Lenepveu, Portique de l’Académie de France à Rome, 1848, aquarelle, gouache et crayon graphite sur papier, 28,6 44,5 cm, détail.
© Musées d’Angers

Vouloir réhabiliter un peintre académique dont le nom est inconnu du public : le pari n’était pas gagné d’avance. Oubliez vos a priori et soyez curieux. Cette rétrospective consacrée à Jules-Eugène Lenepveu (1819-1898) est passionnante et spectaculaire. Originaire d’Angers, l’artiste a suivi un cursus classique – École des beaux-arts, prix de Rome, etc. –, et peint des toiles historiques et mythologiques qui plurent au Salon (Les Martyrs aux catacombes ou Hylas attiré par les nymphes). Mais l’essentiel est ailleurs : il a mené une brillante carrière de décorateur, qui constitue le cœur du propos. Lenepveu a orné la chapelle Sainte-Marie de l’hôpital d’Angers, et travaillé dans quatre églises parisiennes : Saint-Ambroise, Sainte-Clotilde, Saint-Louis-en-l’Ile et Saint-Sulpice. Auteur d’un cycle consacré à la vie de Jeanne d’Arc au Panthéon, il a conçu les plafonds de l’opéra Le Peletier, détruit par un incendie en 1873, et surtout, du palais Garnier. Intitulé Les Muses et les Heures du jour et de la nuit, ce décor est aujourd’hui masqué par celui commandé en 1964 à Marc Chagall. « Évoquer dans une exposition des ensembles qui ne peuvent être déplacés ou qui ont disparu est un défi. Dans le cas de Lenepveu, il est facile de contourner la difficulté, car il a conservé tous ses dessins et esquisses, et a fait don d’une grande partie d’entre eux à sa ville natale », explique Anne Esnault, directrice des musées d’Angers. Complété de prêts du Petit Palais, de la BnF, des musées de Nantes ou de Quimper, le parcours réunit 260 œuvres, dont certaines sont de véritables trésors. Le point d’orgue étant la présentation de quatre des vingt-cinq cartons préparatoires au décor de l’opéra Garnier, des dessins au fusain à l’échelle 1 mesurant chacun plus de cinq mètres de haut. Surprises et émotions garanties !

Musée des beaux-arts, 14, rue du Musée, Angers (49), tél. : 02 41 05 38 00.
Jusqu’au 8 janvier 2023.
www.musees.angers.fr
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