Berne : Lee Krasner. Living Colour

Le 13 juillet 2020, par Anna Aznaour
Lee Krasner, Palingenesis, 1971, huile sur toile, 208 340 cm, Pollock-Krasner Foundation New York.
Photo Kasmin Gallery, New York © The Pollock-Krasner Foundation

Reconnaître le style de Lee Krasner (1908-1984) est – presque – impossible. L’artiste, qui fut l’épouse de Jackson Pollock, se voulait affranchie de toute signature créative identifiable. Une conception très personnelle de la liberté d’expression que le centre Paul Klee célèbre avec cinquante et une œuvres, prêtées par des galeries et musées internationaux. «Ce qui frappe dans le travail de cette femme de caractère est sa capacité à se réinventer sans cesse. Une métamorphose perpétuelle qu’illustre cette rétrospective monographique, une première en Europe», souligne sa commissaire Fabienne Eggelhöfer. Pensée en neuf étapes, la scénographie retrace l’évolution de la New-Yorkaise à travers ses dessins, peintures et collages les plus importants, réalisés entre les années 1920 et 1970. Influencée par la technique du push and pull de son professeur Hans Hofmann, Lee Krasner se tourne vers l’abstraction dans les années 1930. Cette évolution s’inscrit dans sa quête personnelle d’une émancipation vis-à-vis du classicisme, qui lui vaut d’ailleurs l’étiquette d’élève «difficile» à la National Academy of Design. Pendant la même période, sa remise en question déteint même sur son prénom, changeant Lena en Lenore, pour finalement s’arrêter sur Lee, à consonance masculine. La sélection ici présentée invite le visiteur dans un univers habité de couleurs et de mouvements dont le seul maître est l’humeur du moment de son autrice. Des tracés qu’elle a fait virevolter aux figures géométriques s’étant imposées à elle, l’expressionniste a su vivre, et créer à sa guise, sans autre considération. Si nombre de travaux furent détruits par l’artiste, certains d’entre eux ont été découpés et utilisés sous forme de collages, à titre de renaissance. Le monde de l’art, lui, ne finira par reconnaître qu’en 2019 le travail de celle qui, de son vivant, aura toujours été la «femme de» : son tableau The Eye is the First Circle, peint en 1960, sera acquis aux enchères par Robert Mnuchin pour 11,7 M$.

Zentrum Paul Klee, 
3, Monument im Fruchtland, Berne, tél. : +41 
31 359 01 01. 
Jusqu’au 16 août 2020.
www.zpk.org
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